Monsieur Mélenchon, il vous reste à consulter des livres d’histoire !

La tête de Jean-Luc Mélenchon quand il apprendrait qu’Hitler n’a pas été renversé par la rue ?

Le leader de la France insoumise s’adonne au point Godwin. Trahissant une vertigineuse ignorance historique. Et manipulant l’histoire.

Lors du rassemblement de ses troupes samedi dernier, Jean-Luc Mélenchon s’est laissé aller dans son discours. Peut-être un peu trop. Voulant répondre au président de la République Emmanuel Macron qui avait déclaré que la « démocratie, ce n’est pas la rue », le tribun d’extrême gauche a déclaré : « C’est la rue qui a abattu les rois, les nazis, le plan Juppé et le CPE… » Il se ridiculisa même en renforçant sa saillie qu’il croyait pertinente par une recommandation au président de la République : « Monsieur le président, il vous reste à consulter l’Histoire de France ! » C’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité. S’il en est un qui devrait réviser son histoire, c’est bien Jean-Luc Mélenchon.

Le régime national-socialiste aurait été abattu par la rue selon lui. J’ignorais que les historiens avaient mis en lumière cette vérité. Il me semblait, au contraire, que le IIIe Reich s’effondra sous le coup de ses ennemis extérieurs, c’est-à-dire son ancien allié communiste qu’il a attaqué en 1941, Staline, et les Alliés. Je croyais savoir que c’est une guerre mondiale, dont Hitler fut l’un des principaux fauteurs, qui vint à bout du totalitarisme nazi. Je négligeais apparemment ce fait que la rue allemande aurait eu toute latitude pour manifester et exprimer son désaccord et son opposition avec le régime hitlérien. Je pensais, au contraire, que Sophie Scholl, son frère et les membres du mouvement qu’ils avaient fondé, la Rose blanche, furent presque tous arrêtés et assassinés pour avoir commis le crime abominable d’avoir imprimé et distribué des tracts hostiles au pouvoir en place. Risque-t-on de passer pour un fasciste si l’on recommande à monsieur Mélenchon la lecture de quelques ouvrages consacrés au nazisme ?

Au demeurant, Jean-Luc Mélenchon devrait prendre garde à glorifier « la rue » comme s’il s’agissait de l’expression la plus pure du « peuple ». Il risquerait d’être désemparé : soit parce qu’il devrait défendre des pouvoirs fondés sur le viol des droits de l’homme, soit parce qu’il serait amené à chanter les louanges des ennemis de sa Révolution jacobine chérie. Peut-on lui faire observer, lui qui invoque l’Histoire de France comme un mantra, que c’est sous la pression de la rue — en fait une manifestation de sans-culottes parisiens — que la Terreur fut instaurée en septembre 1793 ? Se souvient-il des manifestations dans plusieurs régions de France hostiles à la politique révolutionnaire cette même année, celles des Vendéens et des sympathisants des Girondins ? D’ailleurs, ces derniers furent éliminés de la représentation nationale sans autre procédure qu’une invasion, là encore, de la « rue » au sein de l’Assemblée, ce qui n’était guère démocratique, on en conviendra. Serait-ce nazi de conseiller à monsieur Mélenchon des lectures sur la Révolution française ?

Et que dire de la rue qui s’exprime au Venezuela ? Par quel prodige, cette rue-là ne serait pas démocratique ? Pourquoi l’apôtre d’un modèle qui a ravagé ce pays d’Amérique latine renfermant les plus grosses réserves de pétrole du monde n’exprime pas la moindre indignation démocratique contre les assassinats de manifestants commis par le pouvoir socialiste, contre l’arrestation des opposants politiques, contre la censure et l’instauration de la dictature ? La réponse est dans la question.

De même, les milliers de manifestants qui descendirent dans les rues en France lors des débats sur le mariage homosexuel n’ont pas reçu beaucoup de soutien de la part du prétendu défenseur du peuple. N’est-ce pas la rue qui s’exprimait alors ?

Comparer le gouvernement français de 2017 au régime d’Hitler des années 1930 c’est trahir le vide insondable de sa réflexion en plus de rendre un hommage, bien involontaire, au régime nazi. Car si le seul moyen que Jean-Luc Mélenchon a trouvé pour s’opposer à Emmanuel Macron est de verser dans le point Godwin, alors il ne mérite nullement sa position de meilleur opposant du président de la République. Le pauvre, il faut dire que le recyclage qu’il effectue des idées socialistes moisies du XXe siècle peinent à convaincre de sa faculté à faire entrer la France dans le XXIe. D’où les incantations et les formules à l’emporte-pièce visant à attirer l’attention. De ce point de vue, la bourde mélenchonesque a fonctionné. Quant à l’hommage à Hitler, il se traduit par l’étiquette infâmante de nazi accolée au gouvernement, comme si, pour discréditer son adversaire il fallait le démoniser, le diaboliser littéralement — c’est-à-dire l’assimiler au diable, au Mal absolu. Or, il ne faut pas oublier que Hitler se rêvait en prophète et concevait le national-socialisme comme une religion. Faire de lui le Mal absolu et de son mouvement l’incarnation de tout ce qui est contraire à l’Humanité, c’est, même de façon inversée, réaliser son objectif de façon posthume.

 

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