14-18 ou le laboratoire d’un XXe siècle mortifère

14-18 laboratoire d'un XXe siècle mortifèreL’année 1914 a marqué l’entrée du monde dans le XXe siècle. Une entrée qui s’est faite dans le fracas des armes, dans la boucherie des champs de bataille et dans la mobilisation totale des sociétés. Le XXe siècle s’annonçait mortifère.

« Le premier conflit mondial est la grande catastrophe dont a découlé le siècle tout entier » (Georges Kennan) : l’événement 14-18 représenta en effet un tel cataclysme que l’usage s’est répandu chez les historiens de faire débuter le XXe siècle avec lui. La conflagration de 14-18 fut une rupture majeure annonçant bien d’autres tragédies qui allaient ensanglanter le siècle. Elle constitua un véritable laboratoire des horreurs que l’humanité allait endurer tout au long du siècle.

La mobilisation totale des sociétés

La première guerre mondiale fut une guerre « totale » dans la mesure où elle a mobilisé tous les secteurs des sociétés et où, par conséquent, la distinction traditionnelle entre « front » et « arrière » n’avait plus lieu d’être. Cette « totalisation » du conflit annonçait les systèmes totalitaires, systèmes « totaux » dans lesquels l’État régentait tous les secteurs de la vie humaine et sociale.

La guerre mobilisa des masses d’hommes. L’enrôlement des futurs combattants s’accéléra surtout à la fin du conflit mais, pour l’ensemble de la période 1914-1918, tous les pays belligérants compris, ce sont environ 70 millions d’hommes qui participèrent à la guerre. Les colonies ne furent pas en reste. Les Britanniques firent appel à trois millions d’hommes de leurs possessions outre-mer, dont la moitié venaient d’Inde et d’Afrique. Les Français mobilisèrent 650 000 hommes, principalement originaires d’Afrique du nord.

Le conflit mobilisa également les femmes, bouleversant ainsi les rapports entre les sexes. Elles remplacèrent dans de nombreuses activités les hommes partis au front. Par exemple, dans les campagnes, elles travaillèrent aux champs et se firent gestionnaires d’exploitations agricoles. Beaucoup étaient ouvrières dans les usines d’armement. Cette féminisation de nombreuses activités jusque-là majoritairement masculines, trahit la « totalisation » d’un conflit qui fit appel à toutes les ressources possibles.

Les économies se militarisèrent dès 1915. Le blocus économique imposé par les Britanniques et la guerre sous-marine livrée par les Allemands furent une première forme de guerre économique puisque les enjeux étaient l’acheminement de matières premières et de marchandises. Dans chaque pays, le dirigisme économique et les complexes militaro-industriel sonnèrent la fin du libéralisme. L’Allemagne instaura un contrôle de l’État sur des cartels de guerre et, plus largement, sur toute activité économique qu’il entendait maîtriser. Un « dictateur aux vivres » était censé assurer les besoins de la population mais en vain. La France vit aussi l’État intervenir dans l’économie avec les commandes publiques passées aux industriels et des mesures de taxation. Au Royaume-Uni apparurent des Control Boards pour gérer l’industrie et des Food, Shipping, Coal Controllers chargés de régler les conflits sociaux. L’étatisation de l’économie se produisit dans tous les pays belligérants selon différentes formes. Enfin, les colonies, manifestation de l’extension de l’appareil d’État hors de ses frontières, fournirent matières premières et denrées alimentaires aux combattants mais aussi aide financière grâce aux emprunts souscrits par les gouvernements locaux et les particuliers pour soutenir l’effort de guerre.

La propagande de guerre et la censure constituèrent un autre enjeu du conflit. Les grandes agences de presse (Reuters, Havas et Fournier, Stefani, Wolff…) furent surveillées, des commissions de censure furent instaurées dans les 22 régions militaires françaises et un contrôle postal aux armées eut pour but de connaître l’opinion des soldats et d’empêcher la diffusion de certaines idées dans la troupe. Un Bureau central de la Censure et un Office de la presse furent mis sur pieds en Allemagne. L’une des cibles privilégiées de la propagande était les enfants. Les jouets, les magazines illustrés, les livres, l’enseignement scolaire furent autant de supports utilisés pour les endoctriner et les faire adhérer aux enjeux de la guerre. Ainsi, les enfants français pouvaient avoir à leur disposition des poupées alsaciennes à cajoler et des poupées « boches » à haïr. Le contrôle de l’information eut des effets limités sur la population mais n’en constitua pas moins une nouveauté qui allait être exploitée à des niveaux supérieurs par les totalitarismes.

En effet, ceux-ci ne se contentèrent pas de livrer à l’État le monopole des moyens d’information pour mieux asservir et contrôler leurs populations. Ils s’appuyèrent sur une véritable idéologie au caractère faussement scientifique, la lutte des classes pour le communisme, la lutte des races pour le nazisme. L’idéologie était inculquée dès le plus jeune âge avec l’embrigadement des jeunes dans des structures visant à leur transmettre les valeurs et les principes totalitaires. L’étatisation de l’économie, autre trait commun aux régimes totalitaires, avait été également annoncée par la Première guerre mondiale : que ce soit la collectivisation forcée des campagnes de Staline, le Grand Bond en avant de Mao Zedong, la mise en coupe réglée de l’économie sous Mussolini ou l’économie de guerre faite de pillage et d’autarcie du national-socialisme hitlérien, les moyens de production et d’échanges et l’activité humaine étaient devenues, comme en 1914-1918, des champs d’intervention majeurs de l’État.

Avec le premier conflit mondial l’action collective triompha sur l’individualisme. Les nations et les empires étaient en guerre entre eux et toutes les populations devaient se rassembler contre l’ennemi. Dans les régimes totalitaires, le même mécanisme était à l’œuvre : mobiliser les foules en vue de l’utopie en construction. Dans leur contexte, le pire ennemi était l’individu et, également, d’autres groupes humains jugés hostiles à l’avenir radieux promis par les totalitaires : les koulaks, les juifs, les Tchétchènes, les Ukrainiens, les citadins, les « contre-révolutionnaires »… Ce qui explique aussi les charniers immenses laissés derrière lui par le XXe siècle.

La mort de masse

La guerre de 1914-1918 représenta un tournant en termes de dégâts humains. Elle vit en effet un renforcement sans précédent de son pouvoir destructeur. Elle fit dix millions de morts, bilan jamais vu dans l’histoire. Les batailles furent de véritables boucheries. La Somme, de juillet à novembre 1916, vit la mise hors de combat de un millions deux cents cinquante mille hommes, Verdun, de février à novembre 1916, fit plus de 62 000 morts du côté français, et la bataille d’Isonzo, en novembre 1915, causa la mort de 60 000 soldats.

Ces hécatombes s’expliquent par l’évolution des armes durant le conflit qui permirent de tuer avec plus d’efficacité qu’auparavant. La Grande guerre vit l’apparition du pistolet-mitrailleur pouvant tuer par rafales et le perfectionnement des mitrailleuses, surnommées « faucheuses » parce qu’elles fauchaient en pleine course, par dizaines, les assaillants courant vers la tranchée ennemie. Celle de Saint-Étienne pouvait tirer 400 à 600 coups par minute. Des mortiers de plus en plus lourds apparurent sur les champs de bataille, augmentant la capacité de destruction des artilleries. L’aviation armée générait aussi d’importantes destructions sur les lignes situées à l’arrière. Enfin, la guerre chimique, même si son efficacité fut limitée, inspira cependant la terreur chez les combattants et traduisit la dernière étape de la totalisation du conflit : même la science se mobilisait pour tuer. Lorsqu’ils étaient utilisés, les gaz provoquaient des carnages.

Les populations civiles eurent elles aussi à subir les ravages de la guerre. Non seulement, des populations entières furent contraintes à l’exil, soit dans leur propre pays soit à l’étranger pour évacuer aux zones de combats, mais la fuite était aussi un moyen d’échapper à des exactions délibérément commises contre elles. En cela, 14-18 a bel et bien détruit la frontière entre front et arrière. Par exemple, les empires centraux (Allemagne et Autriche-Hongrie) détruisirent en Russie, à partir de l’été 1915, lors de leur retraite, des villages entiers et leurs récoltes. Les Russes déportèrent certaines minorités ethniques, en particulier les Juifs de Lituanie et de Courlande (en Lettonie), car ils les considéraient comme pro-allemandes. Les populations civiles des empires centraux souffrirent du blocus imposé par les Britanniques. Enfin, dans l’empire ottoman, les Jeunes-Turcs perpétrèrent un génocide en exterminant systématiquement 1,3 millions d’Arméniens considérés comme des « traîtres » et des alliés des Russes.

Le XXe siècle fut jalonné constamment de déportations et d’assassinats de masse. Otages enfermés dans des camps de concentration sous Lénine, extermination des koulaks, liquidation des Ukrainiens et terreur de masse sous Staline, extermination des Tsiganes et des Juifs par Hitler, famine géante de plus de 50 millions de morts sous Mao Zedong, génocide des Tutsi en 1994, massacres de musulmans en ex-Yougoslavie, épurations ethniques en Irak et en Syrie opérées par l’État islamique… Ce ne sont que quelques exemples traduisant un immense mépris pour la vie humaine et une efficacité effarante dans la destruction de celle-ci qui rappelle l’intensité qu’a eue la Grande Guerre, elle aussi, dans l’administration de la mort. Le symbole de cette efficacité reste le complexe de mise à mort industrielle inventé par les nazis associant gazage et crémation.

Les prétextes idéologiques invoqués pour anéantir les êtres humains par millions relèvent des logiques raciste (faire disparaître les races jugées néfastes et hostiles au groupe auquel on appartient), socialiste (les classes « bourgeoises » ou les groupes « contre-révolutionnaires » étant condamnés par l’Histoire, vaincus par elle, n’ont plus aucun droit à vivre) ou religieuse (pour les islamistes, tout non musulman, et en particulier le Juif, est ennemi de l’islam et, de ce fait, peut être mis à mort dans le cadre du jihad). Toutes ont en commun de sacraliser un collectif au détriment d’autres collectifs à éradiquer. En somme, elles sont l’expression sanglante de cette défaite de l’individualisme analysée plus haut.

Les mentalités de guerre

La guerre a exercé une influence funeste sur les mentalités dans la mesure où celles-ci, exposées à une situation d’une gravité et d’une violence totalement inédites, ont conservé, après 1918, des mécanismes qui se répétèrent tout au long du XXe siècle.

L’historien George L. Mosse a développé le concept de « brutalisation » pour rendre compte de l’acclimatation à la violence et à la cruauté de beaucoup d’hommes lors du conflit. Cette habitude et ce plaisir pris à donner la mort est un legs de la Première guerre mondiale au XXe siècle. Un exemple saisissant est donné par le témoignage d’un ancien poilu qui, en 1936, lors de la remise d’une décoration, tint dans son discours des propos très crus :

« La guerre a fait de nous, non seulement des cadavres, des impotents, des aveugles. Elle a aussi, au milieu de belles actions, de sacrifice et d’abnégation, réveillé en nous, et parfois au paroxysme, d’antiques instincts de cruauté et de barbarie. Il m’est arrivé — et c’est ici que se place mon aveu — à moi qui n’ai jamais appliqué un coup de poing à quiconque, à moi qui ai horreur du désordre et de la brutalité, de prendre plaisir à tuer. Lorsque, au cours d’un coup de main, nous rampions vers l’ennemi, la grenade au poing, le couteau entre les dents comme des escarpes, la peur nous tenait aux entrailles, et cependant une force inéluctable nous poussait en avant. Surprendre l’ennemi dans sa tranchée, sauter sur lui, jouir de l’effarement de l’homme qui ne croit pas au diable et qui pourtant le voit tomber sur ses épaules ! Cette minute barbare, cette minute atroce avait pour nous une saveur unique, un attrait morbide, comme chez ces malheureux qui, usant de stupéfiants, mesurent l’étendue du risque, mais ne peuvent se retenir de reprendre du poison. » [1]

Le XXe siècle s’est ouvert dans un déchaînement extrême de violence qui a réveillé et alimenté les instincts les plus bas de l’homme. Nul étonnement à ce qu’on retrouve, jusqu’à nos jours, des exemples de barbarie sadique. C’est le nazi Hans Franck, gouverneur de la Pologne occupée, qui, au sortir de table, se livrait avec ses invités à la « chasse aux rats », autrement dit à abattre tout enfant juif sortant du ghetto de Varsovie pour essayer de trouver de quoi se nourrir. Ce sont les miliciens interahamwe, au Rwanda pendant le génocide, qui découpaient les membres de leurs victimes à la machette ou jetaient vivants, dans les latrines, des nouveaux nés, puis festoyaient à la fin de leur journée de tueries. Ce sont, enfin, les brutes primitives de Daech qui mettent soigneusement en scène les exécutions horribles de leurs otages, notamment les décapitations, mode de mise à mort qui suppose une très grande détermination et un fanatisme à toute épreuve dans la mesure où le bourreau est en contact direct avec la victime et son sang.

À côté de ce plaisir de tuer et de ce goût pour la violence se développèrent des croyances et des convictions dont on trouvera des variantes en d’autres moments du XXe siècle. Ce fut d’abord un réveil proprement religieux dès les premiers mois de la mobilisation. Les soldats français, par exemple, imploraient particulièrement la Vierge Marie, Jeanne d’Arc et Thérèse de Lisieux [2]. Nombreux sont ceux, dans toutes les armées belligérantes, qui portaient des chapelets, des médailles à l’effigie des saints ou des textes de prières cousus dans la doublure de leur vêtement en guise d’amulettes. La foi s’associa à l’espérance en la paix et la victoire. Dans cette perspective, les croyances visèrent à rassembler le front et l’arrière contre l’ennemi commun dans un véritable esprit de croisade. Pour chacun des ennemis, leur combat était une guerre juste pour le droit et la civilisation. C’était une lutte entre le Bien et le Mal. Pour les Français et les Britanniques, le Mal était le Boche et il fallait anéantir la « barbarie allemande » et le « militarisme prussien ». À l’inverse, les Allemands avaient la certitude de lutter contre une France athée et sans Dieu. Quant aux Russes, orthodoxes, ils considéraient la guerre comme une croisade « avec l’aide de tous les saints de la Russie ». Chacun des ennemis croyait être le représentant du camp du Bien et lutter contre le Mal et la destruction de la civilisation, concourir à la victoire d’une « humanité plus haute » [3] et, de ce fait, consentait au sacrifice plus facilement. À Verdun par exemple, un aumônier compara la montée à l’assaut des troupes à une « messe qui commence ». La guerre de 1914-1918 était une guerre pour la civilisation aux yeux de ses protagonistes. Enfin, le conflit fut perçu comme un châtiment divin en raison des péchés commis par les nations. En ce sens, il revêtait l’allure d’une « purification sanglante » selon le mot de l’abbé Lagardère.

N’est-il pas frappant de retrouver ces thèmes de la « purification sanglante », de la lutte entre Bien et Mal, de la guerre pour une humanité meilleure dans les totalitarismes et certains massacres de masse ? Le communisme offre l’exemple le plus éloquent de l’extermination de groupes humains ciblés et de l’asservissement à but humanitaire. Ainsi, Glaive rouge, le journal de la Tchéka — la Gestapo bolchevique — de Kiev, publiait ces propos au début de 1919 :

« Notre moralité n’a pas de précédent, notre humanité est absolue, car elle repose sur un nouvel idéal, détruire toute forme d’oppression et de violence. Pour nous, tout est permis car nous sommes les premiers au monde à lever l’épée, non pas pour opprimer et réduire en esclavage, mais pour libérer l’humanité de ses chaînes. Du sang ! Que le sang coule à flot puisque seul le sang peut colorer à tout jamais le drapeau noir de la bourgeoisie pirate en étendard rouge, drapeau de la Révolution, puisque seule la mort finale du vieux monde peut libérer à tout jamais du retour des chacals. » [4]

Au nom de la lutte des classes, du sens de l’Histoire et de la cité idéale sans classes à venir, les crimes étaient légitimés. Au nom du Bien, le Mal pouvait s’accomplir. Dans son Manuel du Goulag. Dictionnaire historique, Jacques Rossi souligna également que le « goulag servait de laboratoire au régime soviétique, dans le but de créer une société idéale : garde-à-vous et pensée unique ». Enfin, le romancier russe Maksim Gorki, qui fit partie du régime bolchevique, écrivit : « La haine de classe doit être cultivée par les répulsions organiques à l’égard de l’ennemi, en tant qu’être inférieur, un dégénéré sur le plan physique, mais aussi moral. »  De fait, les communistes décidèrent dès 1916 d’exterminer « la bourgeoisie en tant que classe ». Le nazisme aussi comporta une dimension utopique qui justifia ses crimes contre l’humanité. Enfin, le massacre des Tutsi, pour en revenir au Rwanda, constitua une sorte de libération pour les Hutu qui y participèrent parce qu’ils crurent, réellement, sauver leur pays et éradiquer un danger monstrueux en assassinant 10 000 personnes par jour, essentiellement des femmes et des enfants.

Cette aspiration à détruire l’autre au lieu de le tolérer, cette conviction de détenir la Vérité et de devoir l’apporter au monde entier, cette obsession de régenter tous les aspects de la vie individuelle et sociale au nom d’un grand projet censé assurer le bonheur de l’humanité sont encore omniprésents de nos jours. Ils firent un retour fracassant et étendirent toute leur puissance de destruction en 1914-1918. Ouvrant un siècle dont, en ce sens et uniquement en ce sens, nous ne sommes toujours pas sortis.

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[1] Cité par Audoin-Rouzeau, Stéphane et Becker, Annette, La Grande Guerre. 1914-1918, Paris, Gallimard, « Découvertes », 1998, p. 149.

[2] Thérèse Martin, dite Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897) fut religieuse à Lisieux et l’auteur d’une Histoire d’une âme en 1897. Elle contribua à faire de la ville du Calvados un lieu de pèlerinage important et fut canonisée en 1925 avant d’être promue docteur de l’Église en 1997.

[3] Audoin-Rouzeau, Stéphane et Becker Annette, Op. cit., p. 65.

[4] Cité par Nicolas Werth, dans L’Histoire, n° 324, octobre 2007, p. 46.

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Une réflexion au sujet de « 14-18 ou le laboratoire d’un XXe siècle mortifère »

  1. Mon grand-père sibérien, Pierre Gortchakoff, avait été mobilisé dans l’armée russe en 1916 et il fit partie des brigades russes envoyées sur le Front de Salonique, via Arkangelsk/Brest/Toulon/Salonique. Il a écrit un journal que nous avons encore. Après la révolution bolchevik, il s’engagea dans la Légion étrangère, et combattit sur le front lorrain dans la 10eme division marocaine. Il fut démobilisé en février 1919 et échoua à Marseille, avec quelques amis russes, en espérant gagner assez d’argent pour retourner dans son pays. Mais il fit souche dans le port phocéen et ne revit jamais Sretensk, petite cité de la Transbaïkalie proche de la frontière chinoise.
    Un article sur le périple incroyable de mon grand-père :

    http://tietie007.over-blog.com/article-pierre-gortchakoff-d-irkoutsk-a-l-estaque-48394459.html

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