Vous avez dit islamophobie ?

Vous avez dit 'islamophobie'

Le concept d’islamophobie est une création des islamistes. Employer ce mot c’est donc déjà accepter la novlangue des totalitaires. Il est surtout le pire ennemi de l’islam, mais pour la raison exactement inverse pour laquelle il fut créé : empêchant toute critique de la religion, il promet celle-ci, en conséquence, à l’immobilisme et à l’archaïsme. 

S’il y a un mot devenu à la mode, notamment en raison des crimes perpétrés depuis des années par les fanatiques de l’islam, les derniers en date ayant eu lieu au Danemark où deux personnes furent tuées, et en Libye où vingt et un chrétiens furent décapités, c’est bien celui d’islamophobie. Malgré les atrocités commises au nom d’Allah, il faudrait s’abstenir de toute critique de la religion qui leur sert de justification, au risque, dans le cas contraire, de devenir islamophobe. Le problème est que ce mot est totalement inapproprié et sa diffusion traduit, malheureusement, le succès de la pensée totalitaire islamiste en Occident.

Le terme s’est répandu en Iran puis en Occcident après la révolution de 1979. Dans son usage actuel, il est donc le pur produit de l’islamisme. Si l’on s’en tient strictement à son étymologie, il désigne la peur (et non la haine) de l’islam. C’est la religion qui est donc censée susciter le rejet, pas ses pratiquants, les musulmans. Pourtant, la Confrérie des Frères musulmans a mené campagne pendant plus de dix ans en Europe pour imposer ce terme dans le langage courant et médiatique, une action qui a porté ses fruits. Car aujourd’hui, taxer une personne d’islamophobe, c’est la taxer de raciste. Le mot permet un glissement de sens assimilant la croyance en une religion à une tare raciale. Même le Petit Robert a accepté de se soumettre au diktat des islamistes en donnant comme définition du terme : « Forme particulière de haine dirigée contre l’islam et les musulmans qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins. » Définition d’une stupidité effarante puisque le premier pays musulman au monde est l’Indonésie et que les Arabes ne représentent pas plus de 20 % des musulmans. À ce compte-là, que l’on nous explique en quoi la critique de l’islam contient un racisme anti-indonésien…

Bien sûr, les racistes ne se privent pas d’éructer leur haine de l’islam parce que celui-ci constitue la religion de l’écrasante majorité des Arabes. Dans ce cas précis, la haine de l’islam vient renforcer — ou masquer — un racisme bien réel. Mais alors, ces racistes, sans le vouloir, se font les alliés objectifs des islamistes. Car l’un des objectifs de ceux-ci, à travers le concept d’islamophobie, est de réaliser une fusion entre arabité et islam, autrement dit de faire de tout Arabe un musulman. L’islamophobie lie donc intimement la religion à ses pratiquants, empêchant ainsi toute critique de la première au motif qu’elle traduirait une haine des seconds. Cette logique insupportable réduit des personnes (les musulmans) à leur seule religion, comme si elles n’étaient que cela. Si on la suit, toute critique d’une doctrine, quelle qu’elle soit, devrait donc être interdite au motif qu’elle serait une offense à ceux qui qui y adhèrent. Tant pis pour la liberté de pensée et de discussion…

Le mot islamophobe consiste également à assimiler islam et islamisme. Sur ce plan aussi, la campagne des Frères musulmans a fonctionné. Elle permet de revendiquer le port du voile ou le rétablissement du délit de blasphème, au mépris de la laïcité et des lois de la République. Surtout, elle interdit toute critique de l’islam : car puisque le seul, le vrai, l’unique islam est professé par les islamistes, toute attaque contre ces derniers en est aussi une contre l’islam. D’où les mots d’ordre, au lendemain des attentats de janvier en France : « Pas d’amalgame » ou « Ce n’est pas l’islam ». La novlangue islamiste a réussi à infiltrer nos démocraties jusque dans les esprits.

Or, à ce sujet, Naser Khader, un penseur danois, de confession musulmane, déclarait récemment au Point [1] : « Nous devons prendre conscience que ce que les terroristes ont fait à Paris, c’est aussi l’islam. François Hollande, Barack Obama, David Cameron ont dit ‘l’islam, ça n’est pas ça !’ Si. L’islam, ça n’est pas que ça, mais c’est aussi ça. » Qui osera le qualifier d’islamophobe ?

Aujourd’hui, la seule religion qui propage ses fous partout dans le monde, c’est l’islam. Ce ne sont pas des chrétiens intégristes qui, lourdement armés, enlèvent des femmes pour les marier de force et les réduire en esclavage ou bien assassinent 2000 personnes pour le seul motif qu’elles n’ont pas embrassé la foi de leur bourreau. Ce ne sont pas non plus des juifs intégristes qui détournent des avions pour les faire s’écraser dans des gratte-ciels, font exploser des bombes dans les transports en commun ou tirent à la Kalachnikov sur des caricaturistes.

Il est donc évident que l’islam est loin d’en avoir terminé avec ceux de ses adeptes qui en proposent une lecture barbare et totalitaire. Ne serait-ce que pour cette raison-là, sa critique est plus que jamais salutaire et nécessaire. À son âge — 1400 ans — le christianisme avait l’Inquisition, les bûchers, les conversions forcées, les croisades… Pourtant, cela ne l’a pas empêché de connaître la Réforme protestante qui s’est faite contre le catholicisme. Mais surtout, l’essor du protestantisme a incité ce dernier à se réformer de l’intérieur.

L’islam aussi doit se confronter à une Réforme. Et doit, pour cela, être soumis à la critique. Cette dernière ne saurait donc être assimilée à une quelconque « islamophobie », tant on vient de voir à quel point ce concept transpire la haine de la liberté et l’intolérance.

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[1] Le Point, 5 février 2015, n° 2213, p. 113.

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4 réflexions au sujet de « Vous avez dit islamophobie ? »

  1. Au sujet de l’histoire du terme, il est en fait antérieur et date de la colonisation Française de l’Algérie et qualifiait une attitude critique face à l’Islam dont on contestait l’efficacité pour les besoins de la domination coloniale ! Car le respect des usages de l’Islam par et pour leurs adeptes permet effectivement un communautarisme gentillet qui fera que chacun garde ses traditions.

    C’est précisément ce que veulent les contempteurs du terme aujourd’hui sur un territoire européen: l’instauration de lois spéciales parmi les peuples qu’ils veulent dominer à loisir.

    Et bien il se trouve qu’il y a des résistances: notamment de ceux qui se revendiquent hostiles aux hostiles religions en général et aux religions régressives en particulier. A bas les calottes !

    • Si je vous suis bien, donc, ceux qui critiquent l’usage du mot islamophobie nourriraient le secret dessein de voir s’instaurer des lois contre les musulmans européens ? Est-ce bien cela ? Votre commentaire n’est pas clair.

  2. Ce que je veux dire c’est que tout comme les chefs coloniaux qui dénoncèrent l’islamophobie pour mieux laisser leur lois aux indigènes, les communautaristes ont, ce qui est paradoxal et amusant, les mêmes buts: instaurer un indigénat qui leur laisserait le loisir d’administrer les « musulmans ».

    Et donc effectivement critiquer l’usage du mot est bien le fait de ceux (dont je fais partie) qui veulent au nom de l’unité nationale contrer le communautarisme et instaurer des lois contre l’islam, du moins ses manifestations publiques et politiques.

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