Lectures de l’année 2013

Hardcover booksComme l’année dernière, nous évoquons un échantillon des lectures faites cette année. Histoire principalement, mais aussi sujets d’actualité et polar au menu de cette sélection des livres lus (ou relus) cette année.

Pour réviser ses connaissances sur Napoléon, ce petit livre de Thierry Lentz, grand spécialiste du sujet, est idéal. Cent questions et leur réponse composent l’ouvrage. Certaines sont assez classiques dans le sens où elles concernent la grande histoire, qu’elle soit politique, administrative, militaire, diplomatique ou économique : « Pourquoi Napoléon a-t-il voulu être empereur ? », « Les réformes du Consulat ont-elles changé la France ? », « Napoléon était-il interventionniste en économie ? », « Napoléon était-il le seul fauteur des guerres de son époque ? », « Napoléon a-t-il libéré les peuples européens ? »… Mais l’ouvrage nous fait aussi entrer dans l’intimité de l’Empereur et aborde la petite histoire : on apprend d’où vient le prénom de Napoléon, à quelle date précise il s’est fait dépuceler, combien il mesurait, ses goûts musicaux, s’il croyait en Dieu, ses problèmes de santé… Le livre rappelle que si Napoléon met la main dans son gilet dans de nombreuses représentations, ce n’est nullement à cause d’un mal à l’estomac. Et le verbe « raguser », désignant une trahison, trouve son origine dans un épisode de l’histoire napoléonienne. L’occasion de tordre le cou à des clichés et à une historiographie anglo-saxonne si prompte à faire de Napoléon un nouvel Hitler sans crainte de l’anachronisme et du ridicule. D’ailleurs, et c’est un paradoxe, de nos jours, la mémoire de l’Empereur est beaucoup plus célébrée à l’étranger, y compris dans les pays qui étaient ennemis de la France impériale, qu’en France où l’on en a presque honte. (LENTZ, Thierry, 100 questions sur Napoléon, éditions  La Boétie, 2013, 220 p.)

Les débuts de l’histoire de France, de la Gaule au royaume des Francs en passant par l’empire de Charlemagne : tel est le sujet du premier volume de la magnifique collection dirigée par Joël Cornette consacrée à l’histoire de France chez Belin… Synthétisant les derniers acquis de la recherche sur le sujet, les auteurs de La France avant la France abordent de très nombreux aspects de l’histoire de la période mérovingienne et carolingienne. L’histoire politique avec la désagrégation de l’empire romain d’Occident, remplacé par les royaumes barbares, l’évolution du royaume des Francs et les luttes intestines qui l’ont longtemps agité, l’ascension des maires du palais, la constitution puis la disparition de l’empire de Charlemagne. Les évolutions sociales sont aussi largement évoquées, tout comme les faits économiques et religieux. Plusieurs chapitres en fin d’ouvrage sont consacrés à « L’atelier de l’historien », c’est-à-dire aux méthodes et aux sujets de recherche des historiens écrivant sur les périodes mérovingienne et carolingienne. Mais le texte, soigné, n’est pas le seul intérêt de l’ouvrage. Comme les autres tomes de la collection, les illustrations, accompagnées chacune de leur commentaire, sont d’une très grande richesse et aident à mieux appréhender un monde si éloigné dans le temps qu’il nous est totalement étranger. Une chronologie, des tableaux généalogiques, un glossaire ainsi qu’une abondante bibliographie complètent le livre. (BÜHRER-THIERRY, Geneviève et MÉRIAUX, Charles, La France avant la France. 481-888, Paris, Belin, « Histoire de France », 2010, 688 p.)

« Dégraisser le mammouth » et en finir avec un modèle social qui nous prend en otage : tel est le message du livre d’Agnès Verdier-Molinié 60 milliards d’économies ! 60 milliards d’économie : c’est ce que doit réaliser l’État… chaque année selon l’auteur. Le sujet de ce livre n’est pas nouveau : on sait depuis longtemps maintenant que les services publics en France coûtent cher et ne brillent pas particulièrement par leur efficacité, que l’État vit largement au-dessus de ses moyens et que la réforme est impossible. Agnès Verdier-Molinié alerte de nouveau sur l’urgence qu’il y a à réformer l’État, ce qui passe par des privatisations, une réduction des dépenses publiques – et notamment du nombre de fonctionnaires, plus nombreux qu’en Allemagne alors que la population de l’autre côté du Rhin est plus élevée que chez nous – et une refonte de la fiscalité. Surtout, nous dit l’auteur, cette modernisation de l’État peut se faire sans toucher aux prestations sociales : les services publics seront d’aussi bonne, voire de meilleure qualité. (VERDIER-MOLINIÉ, Agnès, 60 milliards d’économies !, Paris, Albin Michel, 2013, 238 p.)

En cette année de la centième édition du Tour de France, on ne peut s’empêcher d’évoquer, au moins, un livre sur la petite reine. 100 questions sur le vélo, justement – dans la même collection que celui sur Napoléon évoqué plus haut – nous explique, sans certitude pourtant, d’où vient l’expression « petite reine ». Il nous apprend quelle est la différence entre vélo et bicyclette, pourquoi les cyclistes se rasent les jambes et mangent énormément de pâtes ou encore que la vitesse la plus élevée atteinte par un coureur fut d’un peu plus de 268 kilomètres à l’heure. (DALLONI, Michel, 100 questions sur le vélo, éditions La Boétie, 2013, 255 p.)

Qui ? Qui a violé et assassinée la petite Laetitia Doussaint ? Cette question, tous les habitants de Carpentras se la posent depuis 1994, date à laquelle fut commis ce crime affreux. Le coupable n’a jamais été retrouvé même si quatre hommes ont été, à un moment ou à un autre, suspectés par les enquêteurs : Antoine Vasseur, Hervé Lemoual, Simon Doussaint et Eric Bidault. En 2013, l’émission de télévision « Affaires non résolues » revient sur cette affaire. Les quatre hommes la regardent. L’un d’eux est le coupable. L’originalité du livre est que le lecteur, au fil des chapitres, adopte tour à tour le point de vue de chacun des quatre hommes… et donc du coupable. Celui-ci se désigne d’ailleurs dès le début du livre. Mais son identité ne nous est pas révélée. Il faudra attendre le déroulement d’une intrigue bien construite et riche en suspense pour savoir qui a tué la petite fille. Le plus extraordinaire est que l’auteur, Jacques Expert, a commencé l’écriture de son livre sans plan préconçu et sans déterminer à l’avance qui serait l’assassin. Du grand art ! (EXPERT, Jacques, Qui ?, Paris, Sonatine, 2013, 319 p.)

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