Le Chili d’Allende : au-delà du mythe (5/5) La crise politique

Le Chili d'Allende 5Nous publions le dernier volet de notre étude sur l’expérience de socialisme révolutionnaire mené au Chili entre 1970 et 1973. Et par la même occasion nous attaquons les dernières fables constituant le « mythe Allende ». Loin d’avoir été menée de manière pacifique, la politique de l’UP a été au contraire menée dans le cadre d’un déchaînement de violences en partie couvertes par les pouvoirs publics. Loin d’avoir été respectueux de la légalité « bourgeoise », Allende a au contraire violé largement la Constitution et les libertés fondamentales. Quant au putsch du 11 septembre 1973, il a encore nourri deux idées fausses : le « meurtre » d’Allende et la complicité des Etats-Unis.

La crise économique et sociale n’est que l’un des aspects mais aussi le reflet de la crise plus générale traversée par le Chili depuis que l’UP est au pouvoir, la toile de fond sur laquelle la démocratie s’éteint peu à peu. Il faut avoir à l’esprit cette décomposition des structures économiques pour comprendre le véritable chaos qu’a connu le Chili durant les « années Allende ».

Déchaînement de violences politiques

Un chaos qui se traduit par un déchaînement de violence politique, aussi bien de la part de groupes d’extrême droite que de la part d’activistes d’extrême gauche parmi lesquels se trouve le MIR qui soutient le gouvernement d’Allende. Cette violence se traduit par le saccage de sièges de partis politiques, des locaux de différents journaux, l’explosion d’antennes de télévision ou de pylônes électriques, l’affrontement entre groupes armés ou la mise à mort de personnalités. Par exemple, le mouvement d’extrême droite « Patrie et Liberté » met sur pied des groupes armés encadrant des manifestations et s’opposent à l’occupation illégale d’usines et de domaines, et commet des actes de terrorisme. Ainsi, en 1973, l’aide de camp du président, Araya, est abattu. L’extrême gauche de son côté n’est pas en reste. Le 8 juin 1971, le mouvement gauchiste « L’Avant-garde organisée du peuple » (VOP) assassine l’ancien ministre de l’Intérieur démocrate-chrétien Pedro Zujovic. Les mouvements d’extrême gauche sont armés par Cuba, avec la bénédiction d’Allende lui-même. [59] Ajoutons enfin que des dizaines de milliers de guérilleros venus de toute l’Amérique latine et puissamment armés s’infiltrent au Chili, « constituant des milices tolérées par les pouvoirs publics » [60] comme le fait remarquer Jean-François Revel. La transition du capitalisme au socialisme se déroule donc dans un véritable contexte de pré-guerre civile qui dément totalement l’idée selon laquelle le gouvernement d’Unité populaire aurait agi dans un cadre pacifique. Au vu de cette réalité, on peut aussi comprendre que les 64 % de Chiliens n’ayant pas choisi la révolution se soient sentis menacés.

Une économie en voie de décomposition et un climat de violence politique extrême : l’UP est aux prises avec d’immenses difficultés, auxquelles s’ajoutent ses propres contradictions, insurmontables. En effet, comment une coalition regroupant des révolutionnaires et des réformistes pouvait-elle tenir ? L’Unité populaire n’avait d’unité que le nom. Alain Touraine a bien exprimé cette idée :

« La marque de l’Unité populaire, c’était son incapacité à intégrer des éléments contradictoires qui la composaient, une sorte de fédération de mouvements qui divergeaient de plus en plus. […] Le grand obstacle fut la notion même d’Unité populaire, qu’on aurait dû nommer la rivalité populaire […] par les tensions ou les arrangements entre les frères ennemis (le PS et le PC) » [61]
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Les événements l’ont largement montré. Ainsi, le 31 juillet 1971, le ministre Jacques Chonchol se retire du MAPU qu’il juge trop radical. En mars 1972, c’est le Parti radical qui passe à l’opposition. De plus, les deux grands partis révolutionnaires, le PC et le PS, se montrent en profond désaccord. En effet, le PC se montre favorable à une pause dans les réformes, afin de gagner la classe moyenne, nombreuse mais hostile à la politique de l’UP. C’est la ligne « consolider pour avancer ». Au contraire, la majorité du PS, dirigé par Carlos Altamirano, est favorable à la ligne « avancer sans transiger ». Pour Altamirano en effet, le but de l’UP doit être « le processus de la révolution comme une marche ininterrompue, sans étape, sans pause prématurée à l’intérieur du système capitaliste. Son but est la conquête de la totalité du pouvoir par les travailleurs » [62] déclare-t-il en février 1973. En clair, les institutions démocratiques (Justice, Parlement, Armée, Etat de droit, etc. …) doivent être supprimées immédiatement. Cette ligne est défendue bien évidemment par les groupes d’extrême gauche, notamment le MIR, et par une fraction du MAPU. On est bien loin de l’image idyllique d’une gauche unie, démocratique et pacifique…

En juin 1972, une assemblée regroupant les différents partis de l’UP se tient à Lo Curro. C’est à cette occasion que la ligne « consolider pour avancer » est adoptée par le PC, les groupes radicaux, sociaux-démocrates et Allende. Ce dernier déclare en effet à plusieurs reprises vouloir mener le pays au socialisme dans le cadre de la légalité républicaine. Ainsi, le 21 octobre 1972, il affirme : « La force de ce gouvernement est dans le respect de la Constitution et de la loi. » En mars 1973, après les élections législatives, il annonce encore « avancer vers le socialisme dans le cadre de la loi, du pluralisme, de la démocratie et de la liberté ». [63]

« Nous avons gagné en jouant leur règle du jeu » (Salvador Allende)

En réalité, Salvador Allende adopte une attitude plus qu’ambiguë. Car s’il déclare s’en tenir au respect de la Constitution et des formes républicaines, la réalité est bien différente. C’est là que s’effondre encore un pan entier du mythe Allende : ce dernier n’a jamais respecté la démocratie chilienne. Pour Allende, et nous l’avons déjà signalé, ce n’était qu’un moyen « tactique » pour arriver au pouvoir. Il fit également cette confidence à Régis Debray : en parlant de sa victoire électorale aux présidentielles et de l’opposition qu’il avait rencontrée de la part de ce qu’il nomme les « secteurs réactionnaires », et répondant à son interlocuteur qui lui faisait remarquer sa venue au pouvoir grâce aux facilités données par la « démocratie bourgeoise », il déclare : « Nous avons gagné en jouant leur règle du jeu. C’est notre tactique qui a été correcte et la leur qui a été erronée. » [64] (c’est nous qui soulignons) Le président chilien affirmait donc, dès janvier 1971, que la « règle du jeu » de la démocratie bourgeoise n’était qu’un moyen tactique de parvenir au pouvoir. L’emploi du pronom leur est à ce titre très révélateur : Allende ne se sent aucunement concerné par des règles qu’il ne reconnaît pas.

Ainsi, pour procéder aux nationalisations, Salvador Allende avait recours, presque systématiquement, à deux textes d’exception : le « décret-loi n° 520 » de 1932 et le « règlement n° 338 » de 1945, tous deux permettant au pouvoir exécutif de prendre possession des entreprises alors qu’aucun impératif économique ne l’exigeait. [65] Pour le président, cela évitait d’avoir à se confronter au Congrès, où la gauche était minoritaire. Il « court-circuitait » ainsi l’institution parlementaire : il ignorait délibérément l’organe qui l’avait élu à la présidence. Au cours de son mandat, Allende couvrit également plus de 1500 occupations illégales d’usines, de terres et de commerces, privant ainsi leurs propriétaires légitimes de leurs biens.

Le Parlement, en réaction, se saisit des institutions judiciaires des centaines de fois. Dans tous les cas, les tribunaux donnèrent tort au président Allende qui refusa cependant de respecter les décisions judiciaires. Un vote unanime de la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays, condamna également Allende. [66] À plusieurs reprises, les parlementaires prononcèrent des motions de censure contre différents ministres du gouvernement d’Unité populaire mais le président, refusant d’en prendre acte, les maintenait au gouvernement en changeant simplement leur portefeuille.

Jean-François Revel signale également :

« chaque fois qu’à la suite d’élections dans les syndicats, dans les organisations paysannes ou estudiantines, les candidats de l’Unité populaire étaient battus, le gouvernement créait aussitôt une organisation parallèle à sa dévotion, lui donnait appui et argent officiels, ignorait les groupements authentiques et représentatifs. » [67]
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Fraudes électorales et violences exercées par l’Unité populaire

Lors des élections législatives du 11 mars 1973, l’UP recueillit 43 % des suffrages, ce qui signifie, encore une fois, qu’une grande majorité des Chiliens (57 %) rejetèrent la voie révolutionnaire proposée – ou imposée – par Salvador Allende. Le score apparemment honorable de la gauche semblait montrer une progression de celle-ci dans l’électorat. Rien n’est moins sûr. En effet, deux mois après le coup d’Etat du 11 septembre 1973, Eduardo Frei adressa une lettre à l’Union mondiale de la démocratie chrétienne, dans laquelle il évoquait les résultats des dernières élections parlementaires. Il expliquait que l’UP, à l’issue de cette consultation du peuple, était restée minoritaire

« bien que (le gouvernement) soit intervenu comme jamais encore il n’était intervenu dans l’histoire du Chili, et qu’il ait mis en œuvre toute la machinerie administrative de l’Etat, utilisé d’énormes moyens financiers et exercé une pression… qui alla jusqu’à la violence, (sans compter) la fraude attestée par la suite, sur au moins 4 à 5 % des votes, car les services publics, entre autres (pratiques frauduleuses) falsifièrent des milliers de cartes d’identité. » [68]
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Le viol de la légalité républicaine par Allende était donc ici évident. Il l’était aussi par les attaques du gouvernement contre la liberté d’enseignement à travers la soumission d’un projet visant à imposer la doctrine marxiste-léniniste comme doctrine obligatoire dans les écoles. [69] Or, l’on se souvient que, parmi les points abordés dans le « statut de garanties » signé par Allende en 1970, figurait le respect de la liberté de l’enseignement…

Les droits les plus fondamentaux des personnes sont également menacés ou bafoués. Ainsi, suite à la nationalisation de l’industrie du papier, la raréfaction du papier journal constitue une atteinte indirecte à la liberté de la presse. [70] La liberté d’expression est également malmenée par les pressions économiques exercées par le gouvernement contre des journaux, des fermetures illégales et le refus du président de respecter la prérogative du Sénat dans la nomination à la direction de la télévision publique. [71]

Ajoutons encore qu’Allende couvrait la formation de groupes paramilitaires, nous l’avons vu et qu’il s’était constitué une garde personnelle armée composée… d’agents des services spéciaux cubains ! Selon Gonzalo Vial, le gouvernement d’Unité populaire a aussi été impliqué dans une affaire d’importation illégale d’armes en provenance… de Cuba. Ces armes ont été directement acheminées jusqu’au palais présidentiel. [72] De plus, la visite d’un mois du dictateur marxiste Fidel Castro, ami d’Allende, était clairement un signal fort envoyé au MIR et au Parti socialiste qui estimaient que la révolution devait se faire dans la violence. On sait aussi que le personnel de l’ambassade de Cuba au Chili comportait plus de fonctionnaires que le ministère des Affaires étrangères chilien lui-même [73]. Tous ces faits révèlent la complicité très active entre la dictature communiste et le Chili d’Allende. En mars 1973, le président amnistia plusieurs guérilleros qui avaient été lourdement condamnés sous Eduardo Frei et les intégra dans sa garde personnelle. Enfin, Salvador Allende a toujours entretenu des liens très étroits avec le groupuscule d’extrême gauche MIR, auteur de nombreux assassinats et attentats. Il accordait ainsi des postes au sein de l’appareil d’Etat à des membres de ce groupe terroriste. Cármen Castillo, la compagne du leader du MIR, possédait même un bureau au palais présidentiel et collaborait avec Beatríz Allende. [74]

Allende n’a pas été assassiné

Dans un contexte où la situation économique empire, où le mécontentement de la population contre le gouvernement s’accroît sans cesse, où les affrontements entre groupes terroristes sont quotidiens et où le président lui-même laisse délibérément la violence gauchiste se développer et s’organiser, et bafoue les règles démocratiques en vigueur, une tentative de putsch a lieu le 29 juin 1973. Ce jour-là en effet, le 2e régiment blindé se révolte et occupe le centre de la capitale. Ce tancazo – « coup des tanks » – est réduit en trois heures par les troupes loyalistes dirigées par le général Prats. Il faut rappeler ici que l’armée chilienne n’a jamais été aussi neutre qu’on s’est plu à le dire. Plusieurs fois dans l’histoire elle était intervenue dans la vie politique du pays, soit pour exercer un arbitrage, soit pour des raisons corporatistes. [75] Au sein de la tradition militaire chilienne, il a toujours existé « un double impératif moral : la cohésion interne de l’armée et l’ordre intérieur à tout prix ». [76] C’est pourquoi les militaires ont pris part au gouvernement Allende, à deux reprises : en novembre 1972 ; et le 9 août 1973, quand le président nomme de nouveau comme ministres des officiers.

Mais la situation est invivable : comment Allende peut-il continuer à présider un pays qu’il ne peut gouverner contre la majorité de ses concitoyens, qui sont par ailleurs inquiets, voire menacés, tant par la violence de la crise économique et sociale que par celle des gauchistes du MIR – encouragés par le président lui-même – et des extrémistes de droite ? Le 23 août 1973, la Chambre des députés déclare illégal le gouvernement d’Allende, s’appuyant sur les infractions et les négligences graves que nous avons déjà signalées plus haut, et aussi sur d’autres méfaits : arrestations illégales d’opposants à Allende ; violation de l’égalité des droits puisque le président faisait pression sur la Justice pour que les condamnations prononcées contre des criminels appartenant à son bord politique ne soient pas exécutées ; cas de torture infligées à des personnes et couvertes par le gouvernement ; usage de la violence contre de nombreux syndicats ; formalités administratives non prévues par la loi imposées à tous les ressortissants qui souhaitaient quitter le territoire… Dans ce texte, les députés déclarent que « le Gouvernement de la République, depuis ses débuts, s’est activement employé à conquérir le pouvoir total » et à instaurer « un système totalitaire ». [71]

À la lumière de tous ces faits, il n’est plus possible de soutenir l’idée que le gouvernement d’Unité populaire était démocratique. La vérité est qu’une partie de l’UP n’avait jamais renoncé à l’usage de la violence pour accomplir la révolution. Et Allende a prouvé, par ses agissements, qu’il se moquait d’un régime – la démocratie chilienne – qui, de toute manière, en bonne logique marxiste, était appelé à disparaître.

L’armée, dirigée par le général Augusto Pinochet, intervient donc le 11 septembre 1973 pour mettre fin au chaos qui dévaste le Chili. Les préparatifs du putsch ont nécessité plusieurs mois. La marine se charge d’occuper le port et la ville de Valparaiso. L’aviation bombarde le palais présidentiel où Allende trouve la mort. Le gouvernement renversé, les militaires prononcent la dissolution du Parlement, instaurent l’état d’urgence et l’état de siège, qui restreint les libertés publiques, suspendent les journaux et interdisent les syndicats. Une dictature dirigée par Pinochet s’installe au pouvoir pour dix-sept ans, clôturant l’expérience, traumatisante pour beaucoup de Chiliens, d’un socialisme prétendument « légaliste » et « pacifique ». Dans son article intitulé « La tragédie chilienne » Raymond Aron écrivait très justement : l’armée « n’intervint pas pour arrêter les progrès du socialisme – le président, face aux passions déchaînées et à une économie dégradée, ne songeait plus qu’à durer – mais pour prévenir une guerre civile ». [77] Car c’est bien au bord de la guerre civile que l’UP a mené le Chili, en s’obstinant à vouloir révolutionner la société contre la volonté du peuple chilien.

Le coup d’Etat du 11 septembre a encore nourri deux idées reçues. La première veut qu’Allende ait été assassiné. Rien n’est plus faux. Le président chilien s’est suicidé d’une rafale de mitraillette AKA 47 que lui avait offert son ami Fidel Castro. Son médecin personnel, le docteur Gijón Klein a pu en témoigner puisqu’il avait pratiquement assisté à la scène. La famille d’Allende non plus n’a jamais remis en cause la version selon laquelle le président s’était donné la mort. Il existe également deux enquêtes, l’une menée par la brigade des homicides, l’autre par la police technique qui concluent toutes les deux au suicide. Lorsque François Mitterrand était venu rendre visite à Allende, celui-ci lui a déclaré, en lui désignant le buste d’un ancien président qui s’était supprimé à la suite d’un putsch : « Si je suis renversé, je ferai la même chose. » Et Cármen Castillo a confirmé cette déclaration : « Ce véritable démocrate s’est suicidé avec une mitraillette AKA 47 qui lui a été offerte par Fidel Castro. » [78] Enfin, une autopsie réalisée en juillet 2011 a encore confirmé la thèse du suicide. [79]

Seconde idée reçue : les Etats-Unis auraient participé au coup d’Etat. Cette croyance provient de l’intervention américaine en vue de soutenir les opposants à Allende, de la tentative de sabotage de l’économie chilienne et du soulagement à Washington qui accueillit la nouvelle du putsch. Mais s’il existe des soupçons – légitimes –, il n’existe aucun document, aucune trace qui prouve de manière claire une participation directe des Etats-Unis dans le coup d’Etat du 11 septembre. D’ailleurs, la commission Church n’a jamais pu prouver que les Américains ont participé au putsch. [80]

L’impossible révolution

Dans un article intitulé « De la réversibilité du communisme », Jean-François Revel mettait en évidence la caractéristique essentielle du socialisme, son irréversibilité :

« Toute révolution socialiste a pour objectif d’abolir les structures politiques, économiques, sociales, culturelles existantes et de les remplacer par d’autres ; elle se propose même de substituer à l’homme « ancien » un « homme nouveau ». Bien évidemment, le passage au socialisme est beaucoup plus qu’une simple alternance, sur laquelle on pourrait revenir par une autre simple alternance, de sens contraire : ce retour devient irréalisable, puisque les matériaux de base en ont justement été détruits. » [81]
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Ainsi, la révolution socialiste d’Allende au Chili, qu’il voulait réaliser dans le cadre de la légalité dite « bourgeoise » était impossible à effectuer. En effet, une révolution, par essence, entend rompre avec tout ce qui la rattache au passé. Or, établir le socialisme dans le cadre d’une démocratie et de la légalité constitutionnelle ne pouvait qu’être soit passager, dans la mesure où cette légalité « bourgeoise » était encore une survivance de l’ancien régime à abattre, soit une tentative de réformisme social-démocrate qui n’aurait, par conséquent, plus rien eu de révolutionnaire. Comme se demandait Régis Debray, qui, lui, était tout à fait cohérent avec sa logique marxiste : « Comment faire la révolution, puisque la loi l’interdit ? » [82] Au Chili, de 1970 à 1973, la révolution fut un échec qui aboutit à la mort de la démocratie. Ce fut la seule réussite de la révolution socialiste.

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Aller plus loin :
BOURDÉ, Guy, « L’échec d’Allende (1970-1973) », in L’Histoire, septembre 1982, n° 48, pp. 10-23.
DEBRAY, Régis, Entretiens avec Allende sur la situation au Chili, François Maspero, 1971.
DUPOY, Georges, La chute d’Allende, Paris, Robert Laffont, 1983.
GARCÉS, Joan, Allende et l’expérience chilienne, Paris, Presses de la Fondation nationale des Sciences politiques, 1976.
RANGEL, Carlos, Du bon sauvage au bon révolutionnaire, Paris, Robert Laffont, 1976 (qui consacre plusieurs développements au Chili d’Allende).
REVEL, Jean-François, La Tentation totalitaire, Paris, Robert Laffont, 1976 (les pages 282 à 296).
SARGET, Marie-Noëlle, Histoire du Chili, de la conquête à nos jours, Paris, L’Harmattan, 1996.
SEGUEL-BOCCARA, Ingrid, Les passions politiques au Chili durant l’Unité populaire, 1970-73, essai d’analyse socio-historique, Paris, L’Harmattan, 1997.
VAYSSIERE, Pierre, Le Chili d’Allende et de Pinochet dans la presse française. Passions politiques, informations et désinformation. 1970-2005, Paris, L’Harmattan, 2005.
Signalons enfin ce site internet qui apporte beaucoup d’informations complémentaires et de la documentation importante sur cette période : Du bon côté du fusil.

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[59] VAYSSIÈRE, Op. cit., p. 54.

[60] REVEL, Jean-François, Op. cit., pp. 289.

[61] Cité par VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 202.

[62] Cité par BOURDÉ, Guy, Op. cit., p. 20.

[63] Cité par VAYSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 134.

[64] Cf. DEBRAY, Régis, Op. cit., p. 99.

[65] Cf. VAYSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 147.

[66] REVEL, Jean-François, Op. cit., pp. 291.

[67] Ibid., p. 289.

[68] Cité par REVEL, Jean-François, Op. cit., pp. 290-291.

[69] REVEL, Jean-François, Ibid., p. 289.

[70] VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 223.

[71] Texte de la résolution du Parlement chilien du 23 août 1973 (en espagnol)

[72] Cf. VIAL, Gonzalo, Chile en el Siglo XX, fascicules du journal Las Últimas Noticias, p. 367.

[73] REVEL, Jean-François, Ibid., p. 294.

[74] VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., pp. 134-135.

[75] Pour s’en tenir au seul XXe siècle, mentionnons l’intervention des militaires en 1925 qui permet l’établissement d’une nouvelle Constitution ; sa présence sur le devant de la scène jusqu’en 1932 ; une série de coups d’Etat avortés à partir de 1938 et jusqu’aux années 1950 ; le soulèvement du général Viaux en 1969 qui demandait une augmentation des salaires ; et, nous l’avons déjà vu, l’assassinat du général Schneider en octobre 1970.

[76] VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 201.

[77] ARON, Raymond, « La tragédie chilienne », in Le Figaro, 14 septembre 1973.

[78] VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., pp. 138-139.

[79] Cf. Chili : le suicide d’Allende confirmé.

[80] Cf. Church report. Covert action in Chile. 1963-1973 (en anglais)

[81] VAYSSIÈRE, Pierre, Op. cit., p. 214.

[81] REVEL, Jean-François, « De la réversibilité du communisme », in Politique internationale, n° 41, automne 1988, repris dans Le Regain démocratique, Paris, Fayard, 1992, annexe 1, p. 481.

[82] Cité par VAYSIÈRE, Pierre, in Op. cit., p. 210.

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