« Le Passé d’une illusion » de François Furet

Le passé d'une illusion de François FuretCet ouvrage de François Furet fut un best-seller dès sa sortie. Il est consacré à l’illusion communiste. Comment un régime aussi criminel que celui fondé par Lénine et comparable au fascisme et au nazisme a-t-il pu exercer, par l’idée qu’il incarnait, une telle fascination, un tel pouvoir de séduction ?

Né en 1927, François Furet est un historien connu pour ses nombreux ouvrages sur la Révolution française, dont il fut l’un des plus grands spécialistes. Mais il s’est aussi livré à une réflexion historique sur le XXe siècle, comme en témoigne Le Passé d’une illusion. Comme il l’indique dans l’introduction de l’ouvrage, il ne choisit pas le communisme comme objet d’étude par hasard. En effet, en 1947 il a adhéré au Parti communiste. Il le quitte en 1959, ayant ouvert les yeux en 1956 lorsque les chars soviétiques, avec l’approbation du PCF, ont anéanti les aspirations à la liberté du peuple hongrois. Il reste cependant dans la politique, et à gauche de surcroît, en participant à la fondation du PSU en 1960 et en écrivant de nombreux articles pour le journal France-Observateur, qui devient, en 1964, Le Nouvel Observateur. D’ailleurs, en 1999, est publié, à titre posthume, un recueil de ses articles sous le titre Itinéraire intellectuel. L’historien journaliste de France-Observateur au Nouvel Observateur (1958-1997). Sa réflexion sur le XXe siècle se poursuit avec la correspondance qu’il entretient avec l’historien allemand Ernst Nolte et entamée précisément suite à la parution du Passé d’une illusion. Cette correspondance est publiée en 1997 sous le titre de Fascisme et communisme. François Furet est mort en 1997 alors qu’il avait été élu, quelques mois plus tôt, à l’Académie française. Il ne put malheureusement pas y faire son entrée, ni préfacer Le Livre noir du communisme comme cela était prévu initialement. Notons que Itinéraire intellectuel, Le Passé d’une illusion et Fascisme et communisme ont été réédités en 2007 par Robert Laffont sous le titre Penser le XXe siècle : il s’agit d’un volume comprenant, outre les trois livres cités, un groupe de textes que Furet avait rédigés pour les revues Le Débat et Commentaire.

L’idée communiste : une « illusion fondamentale »

Comme l’indique le titre du livre, l’auteur étudie l’histoire d’une « illusion » : l’idée communiste, cette « illusion fondamentale » inséparable de l’expérience soviétique. Il ouvre sa démonstration par un chapitre sur la « passion révolutionnaire ». Cette passion révolutionnaire est l’expression d’une passion antibourgeoise : la haine de la bourgeoisie – autre nom de la société moderne – court tout au long du XIXe siècle. Elle connaît un regain de vitalité avec la Première Guerre mondiale quand elle est reprise aussi bien à gauche qu’à droite. Bolchevisme et fascisme se conçoivent en effet tous les deux comme des révolutions, ayant pour ennemi commun la démocratie. Ce succès de l’idée révolutionnaire s’explique par le fait qu’elle opère une rupture brutale dans l’ordre ordinaire tout en promettant un avenir meilleur. Elle glorifie également la volonté en politique, qui lui attribue un rôle surdimensionné. La quête d’un salut collectif en fait une sorte de religion. Bref, fascisme et communisme luttent contre « le présent sous le drapeau d’un avenir rédempteur » écrit François Furet.

La Grande Guerre introduit une rupture car elle est la première guerre « totale » de l’histoire dans la mesure où elle mobilise la « totalité » des Etats. Surtout, elle contribue à l’effondrement du régime tsariste et à l’avènement du bolchevisme en Russie. La révolution d’octobre 1917 donne à l’idée de révolution la signification d’une paix retrouvée.

Le troisième chapitre s’intitule « Le charme universel d’Octobre ». Ce charme s’explique par l’idée révolutionnaire qui frappe les esprits de tous bords : ceux de la gauche qui reconnaissent leurs ancêtres dans ce mode d’action, et ceux de la droite qui y voient son ennemi. Mais dans les deux camps il y a une fascination qu’exerce la révolution en raison de l’affirmation qu’elle fait de la volonté dans l’Histoire. En outre, la révolution d’Octobre se fait au nom de Marx. Par conséquent, le culte de la volonté combiné aux certitudes scientifiques tirées du Capital ne peut qu’exercer une très puissante séduction sur des générations de militants. François Furet, spécialiste éminent de la Révolution française, compare alors les deux événements. Les Bolcheviks se réclament de 1793 dans la mesure où ils entendent dépasser le stade bourgeois de la Révolution et continuer ce qui a été arrêté quand Robespierre a été éliminé. Ils se considèrent ainsi comme les descendants des Jacobins, séduisant ainsi la gauche : comme le note François Furet, ce qui plaît à celle-ci dans la révolution russe n’est pas d’être russe mais d’être révolutionnaire. Ainsi, la Russie se pose en éclaireur de l’histoire.

Mais Octobre possède une caractéristique bien à elle : c’est une révolution accomplie sous un drapeau neuf, celui du prolétariat victorieux qui déclare la guerre à la guerre. Du coup, le bolchevisme trouve une large audience après la guerre dans le « Plus jamais ça ! », un mot d’ordre appelant à la paix renforcé par les interventions étrangères contre la Russie bolchevique qui semblent confirmer la thèse de Lénine selon laquelle le capitalisme mène à la guerre. Le communisme exerce donc une puissance d’attraction malgré le régime liberticide qui le caractérise. Octobre 1917 devient donc la grande lueur qui s’est allumée à l’Est. Elle va susciter une foule d’admirateurs et de fidèles. Dès lors, l’auteur pose la question : comment la foi peut-elle survivre au cours de la révolution ?

Il tente de répondre dans le chapitre évoquant les « croyants et les désenchantés ». Car le communisme est une religion, avec son orthodoxie, ses schismes, ses excommunications et ses gardiens du temps, les Bolcheviks : eux-seuls ont le pouvoir de dire le sens de la révolution à chaque instant. Dès lors, comme dans une religion, il y a ceux qui se convertissent à vie et ceux qui en sortent, désenchantés. Trois exemples sont développés par l’auteur : Pierre Pascal, dont la foi communiste va se briser en 1921 après avoir manifesté son enthousiasme pour la dictature léniniste ; Boris Souvarine, qui rompt avec le communisme après la mise à l’écart de Trotski ; et Georg Lukács, bolchevik de la première heure qui le restera jusqu’à la fin de ses jours – François Furet reproduit l’une de ses déclarations : « le pire des régimes communistes est mieux que le meilleur des régimes capitalistes. »

Le mythe de l’antifascisme

La mort de Lénine en 1924 a pu faire craindre la fin de la révolution. En fait, le communisme entre dans une deuxième période où se modifie le rapport entre le bolchevisme et l’universel. Sous Lénine, le premier était appelé à triompher dans le monde entier. Avec Staline, il se combine au contraire avec le nationalisme. En effet, c’est à cette époque qu’apparaît l’expression de « socialisme dans un seul pays ». Mais ce socialisme ne rompt pas avec l’idée révolutionnaire ni, donc, avec le culte de la volonté : la figure de l’ennemi à abattre est plus que jamais présente : il suffit de songer aux « koulaks en tant que classe » exterminés à partir de 1929 ou au peuple ukrainien, victime du génocide organisé par Staline en 1932-1933. Et malgré ces crimes, l’illusion communiste perdure : peu de gens cherchent à savoir. Cette illusion provient, bien sûr, de la tradition démocratique révolutionnaire, mais aussi, dans la conjoncture de l’époque, de la crise de 1929 qui semble donner raison à Marx et Lénine sur l’agonie du capitalisme et son incapacité à fonctionner.

Cette conviction que la société moderne est appelée à disparaître parce qu’elle n’a pas d’avenir durable est partagée aussi bien par le communisme que par le fascisme et le nazisme. Les trois mouvements totalitaires, comparés dans le chapitre « Fascisme et communisme », ont pour points communs d’être suspendus à la volonté d’un seul homme (Lénine, Mussolini et Hitler), de banaliser la violence, de partager une véritable religion du pouvoir et d’assurer la domination totale d’un Parti sur l’Etat. Et l’auteur cite Waldemar Gurian qui fait du communisme et du nazisme deux bolchevismes. Malgré les différences, notées par Furet, fascisme et communisme se ressemblent. Et pourtant, à la même époque, le second va se définir par son combat contre le premier. C’est l’autre source, après l’idée révolutionnaire, qui donne sa force à l’idée communiste.

C’est le sujet du chapitre « Communisme et antifascisme ». Dans les années trente, le communisme a déjà eu plusieurs visages : la paix, la révolution internationale, le « socialisme dans un seul pays », la supériorité sur le capitalisme moribond du krach de 1929… Avec la montée des fascismes, il se définit comme un antifascisme. Mais un antifascisme particulier : pas celui qui consiste à défendre la démocratie libérale contre le fascisme, ce qui revient à dissocier les deux ; mais un antifascisme qui fait du fascisme le stade suprême du capitalisme, annonçant donc la révolution prolétarienne. En 1933, l’arrivée d’Hitler au pouvoir est interprétée par Moscou comme l’avènement d’un impérialiste supplémentaire. Les rapports entre communisme et fascisme sont considérés comme étant un conflit entre révolution et contre-révolution.

François Furet démonte bien le mythe de l’antifascisme à travers l’exemple de la guerre d’Espagne (1936-1939). En effet, il met en évidence que ni la situation espagnole, ni la politique internationale ne tiennent dans l’opposition fascisme/antifascisme. Ce sont en effet trois acteurs et non pas deux qui interviennent : Hitler, Staline et les démocraties. L’URSS, à cette époque, accroît de plus en plus sa mainmise sur le gouvernement espagnol. Les communistes espagnols assassinent leurs ennemis de gauche, pas seulement les « fascistes ». Moscou tente de prendre le contrôle militaire et politique de la république espagnole. Mais le soutien apparent donné par le Komintern aux républicains a donné, lors de la guerre d’Espagne, un nouvel espace d’illusion à l’antifascisme communiste.

L’auteur étudie la « culture antifasciste » dans le chapitre suivant. C’est à partir de 1934 qu’émerge à gauche une culture antifasciste de masse qui est à la fois indépendante et inséparable du communisme dans la mesure où l’antifascisme est désormais incompatible avec l’anticommunisme. Tout critique du communisme sera alors assimilé à un fasciste, accusation qui sera lancée à tort et à travers. Ainsi, Souvarine qui, dans son livre Staline, dénonce le totalitarisme bolchevique, et André Gide, qui a publié – difficilement – son Retour d’URSS, sont traînés dans la boue par les communistes. Le problème de l’antifascisme c’est que l’URSS est un régime totalitaire, donc semblable au fascisme et au nazisme. Par conséquent, les serviteurs de la cause antifasciste n’hésitent pas à servir un régime liberticide, à l’image de la Ligue des droits de l’Homme qui approuve les procès de Moscou afin de ne pas briser la ligne antifasciste.

1953 : « Le commencement de la fin »

« La Seconde guerre mondiale » constitue le chapitre suivant. François Furet y distingue deux périodes, dont la première est souvent occultée. En effet, de 1939 à 1941, la « patrie des travailleurs » et l’Allemagne nazie sont alliées. Pour Staline, l’alliance avec Hitler est de circonstance : elle doit permettre l’exportation du communisme dans une Europe déchirée par une guerre impérialiste. Dans tous les pays occidentaux, les partis communistes doivent se tenir prêts à défendre l’Union soviétique. Dans la première période, au cours de laquelle Staline et Hitler se partagent des territoires, en particulier la Pologne, et accomplissent les mêmes crimes, l’URSS possède la priorité absolue dans le mouvement communiste international. Mais en raison du succès des nazis à l’ouest, Staline prend conscience qu’il doit jouer serré avec une puissance dont il n’escomptait pas une domination aussi rapide et aisée.

La seconde période s’ouvre le 22 juin 1941, date de l’invasion de l’URSS par Hitler. De bourreau, Staline devient victime. Alors, l’URSS récupère le drapeau de l’antifascisme. En Occident, la lutte des Soviétiques contre les nazis est perçue comme une lutte pour la liberté : l’URSS, comme en octobre 1917, est placée ainsi à l’avant-garde de l’Humanité. Ainsi l’antifascisme contribue-t-il à faire rayonner puissamment l’idée communiste. La guerre est donc l’alliée du pouvoir absolu du « Petit Père des peuples ».

Avec le triomphe de la démocratie en 1945 auquel l’URSS a contribué, les crimes commis par Staline s’effacent. Et toute l’Europe de l’est « libérée » passe sous la coupe de l’Union soviétique. La mort du fascisme signifie aussi que le communisme n’a plus de rival dans la critique du libéralisme. Elle donne à l’antifascisme le monopole de la passion anticapitaliste.

À partir de 1945, le communisme soviétique exerce son maximum de fascination sur les esprits d’Europe de l’ouest en raison de sa victoire contre le fascisme. En outre, cette victoire vient nourrir la passion révolutionnaire car, dans la vulgate marxiste, la guerre est le produit du capitalisme. Par conséquent, l’antifascisme est à la fois démocratique – il a vaincu les puissances de l’Axe – et anticapitaliste. Cinq ans seulement après le pacte germano-soviétique, l’URSS bénéficie d’une aura sans précédent : elle incarne l’Histoire par son idéologie et le sacrifice de ses soldats. Ainsi, deux Europe : à l’est, celle qui subit le totalitarisme communiste, qui en fait l’expérience concrète ; à l’ouest, la langue de bois antifasciste renforce l’illusion communiste.

Mais bientôt, celle-ci entre dans une nouvelle phase de son histoire. L’Union soviétique est devenue une puissance mondiale, rivale des Etats-Unis. Dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale commence la Troisième : la Guerre froide. Dès 1948, l’idée communiste retrouve le chemin de la révolution, proclamant lutter contre « l’impérialisme » et le « fascisme », bien que ce dernier est mort en 1945. La lutte pour la paix sert d’alibi et d’abri au régime soviétique pour empêcher la mise en cause de la nature criminelle de son régime. Dans ce chapitre sur le communisme de guerre froide, François Furet livre l’analyse que fait Hannah Arendt du totalitarisme et de la comparaison qu’elle en tire entre Staline et Hitler.

« Le commencement de la fin » : tel est le titre du dernier chapitre. L’année 1953, avec la mort de Staline, marque la fin d’une époque puisqu’elle ouvre une crise de succession qui met en cause les deux passions-mères du communisme : la croyance et la crainte. Le rapport Khrouchtchev, qui ouvre la « déstalinisation », bouleverse le statut de l’idée communiste dans le monde dans la mesure où il vient du cœur du pouvoir communiste, c’est-à-dire de Moscou. François Furet note cependant bien que ce rapport ne dénonce pas l’asservissement du peuple russe, toujours aussi asservi, mais le martyr des camarades membres du PCUS éliminés par Staline. Mais dans le monde communiste, ce tournant affaiblit l’autorité de Moscou dont profite la Chine de Mao pour accroître son rayonnement révolutionnaire dans le monde. Mais en même temps, l’intervention soviétique en Hongrie pour réprimer les aspirations à la liberté, approuvée par le PCF et le PC italien, montre l’inaptitude du communisme à la réforme.

Dans l’épilogue de son livre, l’auteur mentionne les « territoires de substitution » qu’a trouvés l’idée communiste après que celle-ci a été mise en cause par le rapport Khrouchtchev. Les luttes pour l’indépendance dans le tiers-monde offrent une nouvelle jeunesse à la théorie de Marx et Lénine sur « l’impérialisme comme stade suprême du capitalisme ». L’antiaméricanisme constitue un avatar de la haine du Capital. Mao Zedong et ses millions de morts exerce la même fascination qu’a exercée Staline. Le castrisme incarne l’idée révolutionnaire en Amérique latine. Tandis que d’autres s’enthousiasment pour le règne sanglant des Khmers Rouges au Cambodge. Bref, le marxisme retrouve un second souffle après l’affaiblissement du mythe soviétique.

Gorbatchev est le dernier des chefs soviétiques acclamés par l’Occident alors qu’il a échoué à réformer le communisme. La mort de l’URSS prive l’idée communiste de tout recours car elle permet la redécouverte des fondements du libéralisme, c’est-à-dire les droits de l’homme.

L’antilibéralisme, source des totalitarismes

Récompensé par le Prix du Livre politique, remis par l’Assemblée nationale en 1995, le Prix Chateaubriand et le Prix Gobert de l’Académie française, Le Passé d’une illusion a été un grand succès commercial, preuve qu’il répondait à la demande d’un public souhaitant être éclairé sur le communisme.

Ceci dit, c’est le contenu même de l’ouvrage qui mérite d’être retenu et médité. Ce que nous dit François Furet c’est que l’idée révolutionnaire – selon laquelle la réforme est inutile et impossible, condamnant ainsi la démocratie – et le mythe de l’antifascisme ont été les deux grands moyens de séduction du communisme. Ce qui explique pourquoi, quand deux ans plus tard, en 1997, Le Livre noir du communisme sera publié, il déclenchera une vaste contre-offensive de certains intellectuels refusant d’assimiler le communisme à ses crimes [1]. Or, c’est François Furet qui devait préfacer le Livre noir, mais sa mort l’en aura empêché.

Par ailleurs, à l’instar d’Hannah Arendt, l’historien développe la comparaison entre nazisme, fascisme et communisme, c’est-à-dire les trois totalitarismes ayant marqué le XXe siècle. En somme, c’est l’antilibéralisme du communisme, commun aux deux autres totalitarismes, qui explique la dimension criminelle du communisme.

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FURET, François, Le passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle, Paris, Calmann-Lévy/Robert Laffont, 1995.
La dernière édition se trouve dans le recueil Penser le XXe siècle, Paris, Robert Laffont, 2007, préface de Pierre Hassner.

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[1] Cf. Tabou sur les crimes du communisme.

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Une réflexion au sujet de « « Le Passé d’une illusion » de François Furet »

  1. Livre émouvant et bien documenté sur ce que fut la plus grand attraction intellectuelle du siècle dernier. Furet explique très bien les causes de cette attirance, cette croyance aveugle dans cette
    idéologie, qui a trompé des millions de militants. Religion terrestre, le marxisme léninisme électrisait des millions de fidèles en mal de transcendance !

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