Une nouvelle rubrique

Le blog se dote d’une nouvelle rubrique, entièrement consacrée à l’histoire de l’art. Voici les raisons qui nous ont poussées à cette nouveauté.

Ce mois-ci Thucydide s’enrichit d’une nouvelle rubrique, entièrement consacrée à l’histoire de l’art. Plusieurs facteurs nous ont poussés à créer cette rubrique, à commencer par l’intérêt que ce blog porte à cette discipline. En effet, depuis le jour de la mise en ligne de ce magazine internet qui débutait, entre autres articles, par une étude sur l’architecture gothique comme art de la lumière, jusqu’à notre article consacré à Saint-Pétersbourg en février dernier, nous avons accordé une place importante à l’art : sans être exhaustif, nous rappellerons nos articles consacrés à l’architecture religieuse romane, au mont Saint-Michel et aux pyramides d’Égypte.

L’intérêt d’étudier l’histoire de l’art réside dans les connexions qu’il est possible d’effectuer avec l’histoire. En effet, l’étude de l’art peut se révéler utile à la compréhension d’une époque, à l’histoire des mentalités, à l’histoire des religions également. Pour ce dernier cas, songeons que l’art baroque était l’art de la Contre-Réforme, participant à la reconquête catholique contre le protestantisme. L’article que nous consacrons aujourd’hui au maniérisme illustre aussi l’importance du contexte historique sur l’émergence d’un nouveau style : les formes contorsionnées et compliquées des corps en peinture et en sculpture témoignent de l’incertitude et d’une certaine angoisse dans lesquelles étaient plongés les artistes de cette époque. Récemment, un livre de Timothy Brooks, Le chapeau de Vermeer, a été publié [1]. Dans cet ouvrage, son auteur décelait à partir de quelques détails laissés par le peintre dans ses tableaux les signes de la mondialisation alors en cours à l’époque : des toits allongés évoquent la présence des locaux de la Compagnie orientale des Indes, le chapeau d’un officier le commerce du castor en Amérique et des pièces de monnaie disposées sur une table l’exploitation de mines d’argent du Potosi, au Pérou… Cet ouvrage montrait qu’une œuvre d’art peut aussi refléter tout le contexte économique mondial du XVIIe siècle.

Il est tout à fait possible d’apprécier une peinture ou une sculpture sans rien connaître ni de son auteur, ni du contexte dans lequel elle a été produite. On peut se laisser séduire par ses couleurs, ses formes… On reste impressionné parfois par la maîtrise de l’artiste qui a su rendre avec une grande précision les contours d’un drapé, le relief d’une musculature ou l’apparence quasi-photographique d’un portrait.

Mais il nous semble malgré tout que l’on passe à côté de quelque chose en ignorant les conditions dans lesquelles cette sculpture ou cette peinture ont été produites. Nombreux sont les touristes qui viennent admirer la Joconde. Mais combien savent que ce portrait a pour thème le temps qui passe ? Combien, parmi ceux qui le trouvent beau, savent que son commanditaire, s’il l’avait vu, l’aurait détesté ?

Mieux connaître les courants artistiques, les interprétations, parfois multiples, que l’on peut faire d’une œuvre d’art, invite ainsi le spectateur d’une toile, d’une statue ou d’un château, à mieux apprécier ce qu’il contemple. Et à s’initier à un regard critique.

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[1] BROOKS, Timothy, Le chapeau de Vermeer. Le XVIIe siècle à l’aube de la mondialisation, traduit de l’anglais par Odile Demange, Paris, Payot, « Histoire », 2010.

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