Un portrait de guillotiné

Portrait de custine guillotinéSous la Révolution, un genre pictural bien particulier s’est développé : le portrait de guillotiné. Au service d’une idéologie jacobine anti-individualiste et dictatoriale. Illustration avec le portrait de Custine guillotiné.

Dans l’esprit de certaines personnes, la Révolution française évoque la guillotine. Pas totalement à tort. D’une part parce que c’est à cette époque que fut créée et utilisée pour la première fois cette machine à décapiter. D’autre part parce que c’est en 1793-1794 qu’elle a fonctionné à plein régime. À tel point qu’un genre pictural bien particulier s’est développé à ce moment-là : le portrait de guillotiné.

Une « politisation » de la guillotine au service de l’idéologie jacobine

D’un portrait de guillotiné il est possible de tirer nombre d’enseignements intéressants sur la façon dont on concevait la guillotine et le pouvoir politique. Car la Révolution française a fait un usage véritablement politique de la guillotine. Plus précisément, une certaine partie des révolutionnaires français. Le portrait de guillotiné, comme l’usage de la guillotine, contribuait à propager l’idéologie des jacobins, c’est-à-dire une pratique du pouvoir dictatoriale et férocement anti-individualiste. C’est ce que nous allons tenter de montrer à travers un exemple précis, le portrait de Custine guillotiné.

Il s’agit d’une gravure de Villeneuve conservée au musée Carnavalet de 18,1 cm sur 14. Custine est né le 4 février 1740. Partisan des idées nouvelles, il a combattu en Amérique. Élu député de la noblesse aux états généraux en 1789,  il se rallie à la Révolution et vote la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Commandant de l’armée du Rhin en 1792, il obtient plusieurs victoires mais au début de 1793, il est repoussé au sud. De retour à Paris, il est nommé commandant en chef de l’armée du Nord le 13 mai pour la reconquête de la Belgique. Mais il est dénoncé sur des pièces faisant état de ses relations avec le haut commandement austro-prussien et est arrêté le 22 juillet. Il est condamné à mort à l’issue d’un procès bâclé et guillotiné le 28 août.

Il importe de resituer le contexte historique. Au début de l’année 1793, la France révolutionnaire est en guerre contre une coalition regroupant l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse, la Hollande et l’Espagne. La conjoncture lui est défavorable puisqu’elle subit plusieurs défaites. À cela s’ajoute le soulèvement vendéen en février et l’insurrection dite « fédéraliste » en juin. [1] La crise économique, l’assassinat de Marat et la hantise d’un complot des ennemis de la Révolution renforcent l’idée que l’ennemi est partout.

Ce portrait de guillotiné nous renseigne sur l’usage politique de la guillotine que les jacobins font à cette époque. Trois lectures possibles de cette gravure peuvent rendre compte de cette « politisation » de la machine à décapiter : 1) le prolongement de l’instant ; 2) la figure du bourreau ; 3) le portrait.

L’opposition entre le singulier et le pluriel

La gravure illustre l’action au cours de laquelle le bourreau montre la tête du supplicié à la foule présente au pied de l’échafaud. Le fait de montrer la tête vise à prolonger l’instant, à le faire durer. Mais de quel instant, d’abord ?

C’est le problème posé par la guillotine : elle fonctionne trop bien. La mise à mort proprement dite ne dure qu’un instant, le laps de temps qu’il faut au couperet pour tomber et sectionner de cou du condamné. L’exécution se déroulant extrêmement rapidement, en un clin d’œil, elle en devient presque invisible pour les spectateurs. Or, l’une des fonctions assignées à l’exécution publique est d’être exemplaire, et pour cela, elle doit être vue par le plus grand nombre possible de personne. L’instantanéité avec laquelle se produit la mise à mort par la guillotine diminue donc cette valeur exemplaire du châtiment. La solution est donc de jouer sur la durée, soit avant la décapitation – les derniers mots du condamné, ses derniers gestes… –, soit après, en montrant la tête à la foule. Sur cette gravure, c’est donc d’abord le prolongement de l’instant que l’on voit. Nous verrons un peu plus loin la signification politique de ce geste du bourreau.

Ce portrait de guillotiné possède une dimension religieuse qui est très explicite. Elle se voit d’abord dans le texte situé dans le bandeau supérieur du portrait : « Aux mânes de nos frères sacrifiez [sic] par le traître » Les dieux mânes étaient, dans l’antiquité romaine, les âmes des morts, considérées comme des divinités à part entière. Par extension, le mot désigne les aïeux qui, après leur mort, sont vivants dans l’au-delà. Ainsi, l’exécution de Custine fait, en quelque sorte, office de sacrifice « aux mânes » des honnêtes gens tués par le traître.

Ensuite, l’expression située juste au-dessus de la tête est très claire : « Ecce Custine ». Elle détourne bien évidemment le mot de Ponce Pilate « Ecce homo ». L’écho religieux est exploité par un présent immédiat – « Voici Custine », « Voici le traître ». La valeur déictique sert à montrer et démontrer la traîtrise de l’ennemi de la Révolution.

L’analyse du texte encadrant la tête brandie par le bras du bourreau révèle pleinement l’idéologie jacobine. Elle souligne en effet la stricte opposition entre le pluriel et le singulier ainsi que les significations, toujours opposées, qu’on y plaque. D’une part : « Aux mânes de nos frères sacrifiez par le traître. » D’autre part : « Ainsi périse [sic] les traîtres à la patrie. » Dans la première phrase, le singulier sert à désigner un individu particulier et le pluriel un collectif qui en est la victime. Dans la seconde, le pluriel désigne tous les individus particuliers qui menacent une collectivité exprimée par un singulier.

Intéressons-nous à l’idéologie jacobine. C’est un corps de croyances à la rhétorique confuse employant des expressions telles que « souveraineté nationale », « volonté du peuple » ou « salut public ». Ces expressions, comme dans le portrait que nous étudions, utilisent un singulier pour désigner une collectivité, c’est-à-dire un ensemble d’individus. C’est-à-dire que ces derniers n’existent pas en tant que tels mais sont absorbés dans un tout qui les dépasse et n’ont d’existence qu’en fonction de ce tout. Selon les jacobins, la volonté du peuple est censée sortir des réunions de la société mère, à Paris, c’est-à-dire que rien n’est justifiable que par rapport à elle. En conséquence, il ne peut y avoir de débats ni d’expression d’opinions contraires. D’où les épurations périodiques au sein du club des jacobins : elles visent à maintenir l’unanimité du club et, à travers elle, celle du peuple. Les jacobins ne parviennent pas à concevoir la démocratie autrement qu’en terme d’unanimité. Ils exècrent le chaos et l’égoïsme des intérêts particuliers. Toute dissidence étant suspecte, il faut donc l’éliminer. [2]

Ainsi, l’idéologie jacobine oppose radicalement la collectivité et l’individu, le pluriel et le singulier, ou encore le singulier à valeur collective et le pluriel des dissidences suspectes. Chaque individu doit se fondre dans le moule de la pensée jacobine, dans la « volonté générale » ou la « volonté du peuple », qui est en fait celle du club. Cette conception est la négation pure et simple de l’individu. Les jacobins haïssent l’individu sur lequel doit primer le collectif. L’intérêt général, la patrie, la « volonté du peuple » doit primer sur le particulier.

Les jacobins, pour justifier la poursuite de la Terreur en novembre 1793, argumentent ainsi : la République doit marquer l’avènement de la France régénérée, la France nouvelle. Mais les menaces contre elle subsistent, donc les mesures d’exception, c’est-à-dire la Terreur, doivent être maintenues. En conséquence, dans ce contexte de guerre, la nécessité s’impose d’une fusion entre la volonté générale et le législateur. Ainsi, l’existence de « factions » est condamnable car elles divisent la société. Il faut les réprimer. L’accusation de « factieux », sous la Terreur, est la pire. Il ne faut pas tolérer d’autre volonté que la nationale. Les volontés particulières, celles des « factions », (pluriel) sont les ennemies de la volonté générale (singulier).

Ainsi Robespierre s’exprime le 7 février 1794 : la vertu « suppose la préférence de l’intérêt public à tous les intérêts particuliers ». Selon lui, la vraie démocratie est un État qui « est véritablement la Patrie de tous les individus qui le composent » : on a là un écho au texte du portrait de Custine guillotiné : un singulier – la « Patrie » et l’État – renferme un pluriel, « les individus qui le composent ». Plus loin dans son discours, Robespierre exprime encore la subordination de l’individu à l’intérêt général : il faut, dit-il, « diriger les passions du cœur humain vers l’intérêt public ». Et il dénonce « l’abjection du moi personnel », « l’engouement pour les petites choses, et le mépris des grandes » : le « moi personnel » est un singulier s’opposant au pluriel des « grandes choses », comme dans la première phrase du portrait de guillotiné ; « les petites choses » est un pluriel qui menace le singulier de « l’intérêt public ».

Le portrait de Custine guillotiné véhicule donc bien l’idéologie anti-individualiste des jacobins. Une idéologie qui légitime ainsi les exécutions sommaires. Les particuliers sont les ennemis en tant qu’individus libres ; la volonté générale est supérieure à tout. Tout ce qui peut affaiblir son unité, c’est-à-dire les volontés particulières, sont un danger à éliminer. Custine était un particulier – « le traître », parmi d’autres « traîtres » – qui a menacé l’unité de « la patrie ».

Cette opposition lexicale entre pluriel et singulier, on la retrouve dans la phrase placée en dessous de la tête de Custine : « Son fang [sic] impur abreuva nos sillons ». D’autre part, cette phrase modifie quelque peu les paroles originales de La Marseillaise : le subjonctif optatif a été remplacé par le passé simple. Ce dernier sert à exprimer le triomphe final de la République : ce n’est plus un souhait, c’est une réalité : le sang du traître a bien abreuvé les sillons. Ce n’est pas par hasard si la phrase est justement placée là où les gouttes de sang de Custine guillotiné coulent…

Le bourreau : l’incarnation de l’idéal jacobin

La deuxième lecture que nous voulons faire de ce portrait se concentre sur la représentation du bourreau. Le geste de montrer la tête rappelle la légende de Persée. [3] Ce héros grec parvint à trancher la tête d’une des trois gorgones, Méduse. Il s’agissait de trois monstres mais Méduse était particulièrement redoutée car son regard changeait en pierre quiconque avait le malheur de le croiser. Ayant ramené la tête de Méduse dans sa besace, il la brandit devant Polydectès, son ennemi, qui fut changé en pierre.

Ainsi, le geste du bourreau ne vise pas seulement à faire durer l’instant. Il a une signification politique bien précise : il s’agit d’une « monstration du monstre » [4], c’est-à-dire que, comme Persée, le bourreau brandit la tête d’un monstre – une Méduse – , un ennemi de la Révolution, en signe d’avertissement aux autres ennemis, aux autres Polydectès qui complotent contre la République. Le geste est adressé à tous ceux qui regrettent la tyrannie. Le bourreau est un nouveau Persée.

Surtout, le bourreau, dans cette gravure apparaît comme l’incarnation de l’idéal jacobin. En effet, ce qui frappe dans la gravure, c’est la quasi-absence du bourreau. En fait, seul son avant-bras est visible. L’effacement de son corps suggère un anonymat complet. Cet anonymat rend compte de la neutralité du bourreau. Il est neutre parce qu’il est un simple représentant du pouvoir exécutif. D’ailleurs, son titre administratif est « exécuteur ». Il mérite vraiment ce nom : il est un simple automate exécutant une décision de justice sans se préoccuper de rien, parfaitement neutre.

Sur le théâtre de la guillotine, il est le moins remarqué des acteurs. Les textes républicains ne parlent jamais du bourreau ou presque jamais. Ils ne disent rien de lui parce qu’il n’a rien à dire. En d’autres termes, le bourreau doit se dépouiller de toute singularité, de toute… particularité. Il ne doit pas exister en tant qu’individu mais en tant que simple rouage au service de la Loi, du bien commun, de la volonté générale adulée par les jacobins. Il doit supprimer toute individualité. Là encore, on retrouve l’opposition entre le particulier et le social, entre l’individu et la collectivité : la seconde doit primer sur le premier. Le bourreau ne doit pas montrer son « moi personnel », pour reprendre l’expression de Robespierre. L’existence sociale du bourreau – mettre à mort les ennemis de la République – le fait se dépouiller de toute singularité.

Il est véritablement l’incarnation de l’idéal jacobin. Car qui est le bon jacobin ? Le bon jacobin, c’est celui qui est absorbé tout entier par l’exigence de la doctrine, de la cause qu’il sert. C’est celui qui ne doit montrer aucune sensibilité, dont l’âme ne s’émeut jamais. C’est celui qui ne connaît pas de doute, qui n’hésite jamais, qui ne faiblit jamais. [5] La cause, rien que la cause… Seule la volonté générale compte et l’individu – y compris le bourreau – doit disparaître au profit de celle-ci. Dans le portrait de Custine guillotiné, l’effacement du corps du bourreau exprime cela. L’individu doit s’effacer, au propre comme au figuré, et ne servir que la cause, être un simple exécutant : le bras seul apparaît, celui qui tient la tête du traître pour la montrer en signe d’avertissement…

Identifier le monstre social

Le troisième niveau d’analyse que l’on peut faire de cette gravure réside dans la nature même du document : c’est un portrait. Un portrait un peu particulier…

D’abord parce que, si l’on procède à une mise en abîme, la guillotine devient un « colossal chevalet » pour reprendre l’expression de Daniel Arasse, historien de l’art. Nous avons déjà dit que le portrait de guillotiné est devenu un genre pictural sous la Révolution. L’emploi politique de la guillotine a donc produit un type donné d’images. Mais la guillotine elle-même produit un portrait : elle l’exécute, si on peut dire, mécaniquement. Et elle exécute le vrai portrait du monstre parce qu’il n’y a pas de rhétorique déformante comme un artiste enjolive souvent ses tableaux pour présenter le modèle sous son meilleur jour. C’est le vrai portrait du traître parce que ce dernier ne peut pas faire attention à la tête qu’il fait au moment de mourir.

Le portrait de Custine guillotiné est donc un double portrait : c’est le portrait fait par Villeneuve ; mais c’est aussi le portrait fait par la guillotine. La machine à décapiter devient une faiseuse de portrait. Elle est, d’une certaine manière, la sœur de la photographie. D’ailleurs, un certain type d’obturateur utilisé par les photographes est appelé « guillotine »…  Le point commun entre les deux est d’immortaliser « ce qui a été ».

Le parallèle ne s’arrête pas là. À la fin du XIXe siècle s’est développée la pratique de photographier les têtes de guillotinés, des criminels et des fous, en somme tous ceux qui transgressaient l’ordre social. Le but était d’identifier le monstre social en formulant des lois générales de la physionomie à partir de tous ces cas particuliers. Ainsi s’est développée l’anthropométrie : déceler, dans la forme du crâne, des prédispositions au crime chez certains individus. On retrouve ici l’opposition entre le social et l’individuel, entre le collectif et le particulier : tous ces criminels pris en photo sont autant de cas particuliers, de singularités qui ont transgressé l’ordre social, le bien public.

L’anthropométrie est l’héritière de la guillotine jacobine. Les jacobins ont utilisé la machine à décapiter dans un but politique : faire le tri entre les bons et les méchants, ceux qui transgressaient la « volonté générale », qui osaient diviser la souveraineté nationale par l’usage de leur liberté individuelle.

En outre, le privé était exposé au public. Le bourreau, en brandissant la tête du supplicié, mettait au regard de tous quelque chose de très intime, le visage du condamné au moment de sa mort. L’individu supplicié ne disposait plus d’aucune sphère privée. Le particulier, le privé, était sacrifié au public. « Ecce Custine » : c’est le visage de Custine à l’instant fatal de sa mort… On retrouve la morale jacobine : tout sacrifier pour le bien général, réprimer le « moi personnel », se dévouer à la cause…

En conclusion, Custine est l’un de ces nombreux individus qui se sont exclus de la volonté générale en choisissant sa volonté particulière. Sa tête est donc l’expression, en négatif, de la volonté générale. Chaque tête qui tombe est un ennemi de l’intérêt public qui est éliminé. La guillotine vise donc à la construction de la vraie démocratie par l’élimination de tous les opposants. L’usage de la violence, selon les jacobins, était inséparable de l’entreprise de régénération de la France. La violence était nécessaire. Ainsi, Marat pensait que « le progrès […] s’accouche par la violence ; [il] rêvai[t], pour régénérer l’humanité, d’insurrections purificatrices ». [6] Et Pierre Bessand-Massenet écrit encore : « quiconque affrontait le jacobinisme était un ennemi du peuple. » [7] Les jacobins ont accompli le mal au nom du bien. Le portrait de guillotiné exprime l’aspiration à régénérer la France selon la morale jacobine.

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Aller plus loin :
ARASSE, Daniel, La guillotine ou l’imaginaire de la Terreur, Paris, Flammarion, 1987.
BESSAND-MASSENET, Robespierre. L’homme et l’idée, Paris, Éditions de Fallois, 2001.
FURET, François et OZOUF, Mona, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, « Champs », 1992.
JESSENNE, Jean-Pierre, Révolution et Empire. 1783-1815, Paris, Hachette, « Carré histoire », 1993.

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La gravure illustrant l’article est extraite du livre de Daniel Arasse.

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[1] Des soulèvements à l’ouest ont eu lieu suite à l’annonce de la levée de 300 000 hommes pour aller combattre aux frontières. Rapidement, cette révolte a pris une coloration contre-révolutionnaire. Suite à l’élimination des Girondins le 2 juin 1793, des rébellions ont éclaté dans le Midi, le Lyonnais, le Bordelais, la Normandie et la Franche-Comté pour protester contre l’atteinte portée à la représentation nationale.

[2] GUENIFFEY, Patrice et HALÉVY, Ran, in FURET, François et OZOUF, Mona, Dictionnaire critique de la Révolution française, Flammarion, « Champs », 1992, p107 et pp. 109-110.

[3] Cf. Cellini (2/2) Le « Persée ».

4] ARASSE, Daniel, La guillotine ou l’imaginaire de la Terreur, Paris, Flammarion, 1987, p. 144.

[5] BESSAND-MASSENET, Robespierre. L’homme et l’idée, Paris, Éditions de Fallois, 2001, p. 234.

[6] Ibid., p. 232.

[7] Ibid., p. 147.

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