La religion égyptienne

La religion égyptienneOsiris, Rê, Isis, Ptah, Amon, Horus, Thot… Les dieux de l’ancienne Égypte étaient innombrables. Parce qu’il fallait rendre le monde intelligible. Créés par le dieu soleil Rê, selon la mythologie, ils devaient aider les hommes à maintenir l’ordre sur le chaos. D’où la nécessité de s’attirer leurs faveurs : les temples, les rituels avaient cette fonction. Mais l’ultime raison de la religion égyptienne était la vie, c’est-à-dire gagner l’au-delà.

Toute religion se caractérise par ses croyances, ses mythes, ses rites et ses (ou son) dieu(x). Qu’en est-il de la religion égyptienne ? On peut l’aborder à travers quatre grandes préoccupations qu’avaient les anciens Égyptiens : rendre le monde intelligible ; l’explication des origines du monde, qui accompagne le thème de l’éternel recommencement ; la volonté de ne pas offenser les divinités et de faire prévaloir l’ordre sur le chaos ; surmonter la mort, c’est-à-dire parvenir dans l’au-delà, au paradis.

Rendre le monde intelligible

Dans la nature, rôdaient des dangers inexplicables et des phénomènes mystérieux. La crue du Nil, la course du soleil et de la lune, la germination des grains, les serpents et les lions qui rôdaient dans le désert mais aussi les maladies touchant les hommes et les bêtes, les orages et autres aléas climatiques qui détruisaient les récoltes… Les Égyptiens ont cherché à rendre leur monde intelligible. Pour vaincre leurs peurs, ils ont donc créé une multitude de divinités – des centaines – leur donnant à chacune un nom. Les Égyptiens ont voulu donner une figure familière, connue, donc visible, pour désigner ce qui était invisible, à savoir le monde des dieux.

Ainsi se dégage la première caractéristique, évidente certes, de la religion de l’ancienne Égypte : elle est polythéiste. Comment expliquer ce polythéisme ? Pourquoi des dieux aussi nombreux ? La première explication est d’ordre géographique : avant l’unification, au IVe millénaire av. J.-C., chaque bourg, chaque village, avait un dieu, un chef invisible, dont on matérialisait la présence par un mât. Après l’unification, ces dieux se sont maintenus.

Une autre explication réside dans le champ d’action limité des divinités : ces dernières ne pouvaient agir que localement et, lorsque l’on s’éloignait, la puissance du dieu diminuant, il fallait donc se placer sous la protection d’une autre. D’où une foule de dieux.

Mais l’impression que l’on a de ce polythéisme foisonnant peut venir aussi du fait qu’un même dieu était représenté sous plusieurs formes. Ainsi, Thot, dieu des chiffres et des lettres, était figuré tantôt comme un homme à tête d’ibis, tantôt comme un babouin. La déesse Bastet adoptait soit la forme d’une chatte, soit la forme d’une lionne. L’oie et le bélier étaient les manifestations d’Amon.

On constate donc que les animaux, dans l’Égypte ancienne, étaient sacrés. Sous des formes animales, les dieux étaient plus accessibles au peuple et étaient ainsi touchés par les mêmes problèmes que les humains, et donc plus concernés par le malheur des hommes. Les Égyptiens n’hésitaient pas à adorer aussi des animaux divins dangereux (serpent, lion…). En effet, selon eux, « qui peut vous tuer, peut vous sauver ». La piqûre du scorpion avait le pouvoir de donner à la fois vie et mort. Cette dualité reflétait un constat vieux comme le monde : l’univers avait un bon et un mauvais côté. Il était le théâtre de la lutte entre le Bien et le Mal. Et c’est pourquoi une divinité comme Seth, le dieu chacal, existait : dieu du trouble, du désordre, elle signifiait que les anciens Égyptiens ne concevaient pas un monde parfait.

Le polythéisme égyptien n’a pas empêché que certaines divinités soient honorées dans l’ensemble du pays. Ainsi, Rê, homme à tête de faucon, originaire d’Héliopolis, devint le patron de l’Etat et de la monarchie de l’Ancien Empire. Le dieu Ptah de Memphis, inventeur des techniques, des métaux, des minéraux, figuré comme un homme momifié portant un bonnet collant, fut lui aussi, un temps, le divin patron de l’Égypte.

Amon, dieu de Thèbes, était à l’origine la divinité du vent et des bateliers. Son nom signifie « Le caché ». Figuré comme un homme portant sur la tête un double mortier, il formait une famille avec sa femme, la déesse Mout, et son fils, le dieu Khonsou. Au Moyen Empire, il devint dieu de l’Etat par association à Rê, sous le nom d’Amon-Rê. Il est alors le roi des dieux de l’Égypte à cette époque. La prépondérance du dieu Amon explique la puissance du clergé d’Amon contre lequel la seule résistance fut celle du pharaon Aménophis IV-Akhenaton. Toutefois, malgré la prépondérance de certains dieux, les autres divinités, n’ont jamais été éliminées.

Expliquer l’éternel retour des choses

Ce monde où s’affrontent le Bien et le Mal, où s’incarnaient les divinités, comment était-il né, selon les anciens Égyptiens ? Plusieurs systèmes furent proposés pour expliquer les origines de l’univers. L’un d’eux est le Document de théologie memphite, copie datant du VIIIe siècle d’une cosmogonie du IIe millénaire av. J.-C. Selon cette cosmogonie, c’est le dieu Ptah qui aurait été à l’origine du monde. Elle dit notamment que « toute parole du dieu s’est manifestée selon ce que le cœur concevait et ce que la langue ordonnait » car « il se trouve que le cœur et la langue ont pouvoir sur tous les [autres] membres, en raison du fait que l’un est dans le corps, l’autre dans la bouche de tous les dieux, de tous les hommes, de tous les animaux, de tous les reptiles, de tout ce qui est animé – l’un concevant, l’autre décrétant tout ce que veut [le premier] ». La Création fut donc le produit d’une pensée qui se réalisa par la parole d’après la version memphite.

Mais la cosmogonie la plus connue est le système apparu dans la ville d’Héliopolis, où était adoré le dieu Rê. Autrefois, d’après cette cosmogonie, il n’y avait ni jour ni nuit, ni ciel ni terre, ni vie ni mort. Seuls un océan informe et l’obscurité régnaient. À un moment donné, les eaux baissèrent et une butte émergea. Au sommet de cette butte « primordiale » apparut le dieu soleil Rê. La lumière fut. Atoum – l’aspect créateur de Rê – créa en se masturbant le premier couple, Chou (l’air) et Tefnout (l’humidité). Ce couple donna naissance à son tour à Geb (la terre) et Nout (le ciel) que Chou sépara. Geb et Nout donnèrent eux-mêmes naissance à deux autres couples : Osiris et Isis ainsi que Seth et Nephtys. Ainsi, naquirent les neuf premières divinités de l’Égypte.

En fait, aux yeux des anciens Égyptiens, la création du monde se répétait chaque jour. Le soir, en effet, Rê quittait le corps de Nout pour plonger dans le royaume d’en bas, le royaume des morts. Débutait alors un voyage nocturne épique : sur son parcours, Rê devait affronter de multiples dangers. Il devait accomplir son périple intégralement pour renaître le lendemain. Son ennemi le plus redoutable était le serpent Apophis. Le matin, Rê pouvait de nouveau rejoindre Nout après avoir terrassé le serpent, matérialisé par les nuages matinaux. Et jour après jour, le monde renaissait. La création du monde représentait la promesse de la vie éternelle et du triomphe de la vie sur la mort. Le cycle de l’éternel recommencement ne s’arrêtait pas là.

On l’a vu, dans la cosmogonie héliopolitaine, le dieu soleil naquit sur une butte primordiale que les eaux avaient fait émerger lorsqu’elles baissèrent. C’est exactement le même phénomène qui se produisait chaque année au moment de la décrue du Nil. Quand le fleuve se retirait, tout était à recommencer : l’arpentage, pour retrouver les limites des propriétés, et les cultures. Chaque année donc, la butte primordiale réapparaissait et la vie pouvait recommencer. Ceci explique que les Égyptiens aient connu une forte perception du cycle annuel et une grande crainte du non retour. Car – nous l’avons vu – le monde avait un bon et un mauvais côté…

Dans la mythologie d’Héliopolis, deux couples apparurent, fils du ciel et de la terre : Isis et Osiris d’une part, et Seth et Nephtys d’autre part. La légende les concernant est très connue. Seth, le dieu chacal, jaloux de son frère Osiris, roi de l’Égypte, dont il voulait la place, l’enferma dans un sarcophage qu’il jeta au fleuve. Son épouse, Isis, le retrouva et le cacha dans les roseaux. Mais Seth découvrit le corps et le déchira en morceaux qu’il éparpilla dans toute l’Égypte. Isis parvint tout de même à reconstituer le corps de son époux grâce au dieu Anubis, homme à tête de chien, qui inventa la momification à cette occasion. Il était donc le dieu des embaumeurs dans l’Égypte ancienne. Isis et Osiris ressuscité eurent le temps de concevoir un héritier, Horus, homme à tête de faucon coiffé de la double couronne de Haute et Basse-Égypte. Quant à Osiris, il devint le dieu du royaume des morts. Devenu adulte, Horus, l’héritier légitime, affronta Seth. Au cours du combat, il perdit un œil mais Seth fut vaincu.

Cette légende reflète encore l’idée de l’éternel recommencement et, donc aussi, de la continuité. D’abord, Isis est une femme représentée avec un signe hiéroglyphique particulier sur la tête : celui du trône. Cet objet symbolise le mieux la continuité de la souveraineté sur l’Égypte. Osiris, apparaît comme le prédécesseur, et Horus comme le roi actuel. Tout pharaon est l’incarnation d’Horus. Cette légende symbolise donc la continuité du pouvoir. Mais Osiris était aussi invoqué chaque fois qu’une rupture menaçait. On retrouve ici la crainte du non retour : les blés allaient-ils germer ? La crue du Nil allait-elle avoir lieu ? Rê allait-il se lever le lendemain matin ? Osiris était alors invoqué.

C’est aussi pour assurer la continuité de la puissance du roi qu’une fête particulière avait lieu : la fête Djed. Celle-ci se déroulait lors de la trentième année de règne du pharaon et était ensuite renouvelée tous les trois ans. Elle visait à régénérer magiquement la puissance du souverain. Concrètement, une procession avec le roi se déroulait de la capitale jusqu’à Gizeh où Pharaon redressait le pilier Djed, une colonne peinte et sculptée identifiée à Osiris : on retrouve un élément de la légende : Osiris, premier pharaon selon la mythologie, Osiris, le prédécesseur mythique, invoqué pour renouveler la puissance du roi actuel.

Faire prévaloir l’ordre sur le chaos

Cette crainte du non retour vient donc, on l’a vu, de la perception qu’avaient les Égyptiens que le monde avait un bon et un mauvais côté. Les dieux étaient là pour maintenir l’équilibre et le contrôler. Les hommes avaient besoin d’eux pour faire prévaloir l’ordre sur le chaos. Et ils devaient donc veiller à ne pas les offenser et à s’attirer leurs bonnes grâces.

Dans le panthéon égyptien, une divinité a une place particulière : Maât. Souvent assimilée à la déesse de la vérité et de la justice, elle est plus que cela : elle est un principe métaphysique : l’ordre impeccable du monde et de la société établis par le créateur et que tout pharaon doit maintenir ou restaurer. Le principe opposé est iséfet, le « désordre » : il désigne l’imperfection de la réalité que tout pharaon doit combattre. Maât doit permettre à l’univers de rester sur le bon chemin. Sur les temples, il était fréquent de représenter Pharaon présentant une jeune femme accroupie portant une plume sur la tête – Maât – au dieu. Cela signifiait la garantie que tout se déroulait sur terre et dans le ciel selon l’ordre établi.

Car Pharaon était le seul truchement possible entre les hommes et les dieux, entre le monde imaginaire et le monde réel. Il était l’incarnation d’Horus sur terre, le représentant des dieux sur terre. Il était, finalement, la réalisation du divin dans l’univers des hommes et la présence de l’homme dans l’univers des dieux. En conséquence, ses actes liturgiques  étaient des symboles de la vie réelle et les dieux devaient les activer dans la vie des hommes. Par exemple, une libation d’eau fraîche était faite pour demander la crue du Nil, ou une offrande de fruits et légumes pour assurer la prospérité des vergers et des jardins. Seul Pharaon pouvait – en théorie – intercéder auprès des dieux. Mais pour desservir les nombreux temples existant dans toute l’Égypte, il lui fallait des délégués.

Les prêtres devaient donc assurer les cultes des dieux. Le matin, un prêtre, après s’être purifié, se présentait dans le sanctuaire où se trouvait le naos, le tabernacle renfermant la statue du dieu. Il l’ouvrait et déclarait : « C’est le roi qui m’envoie ». Puis il sortait la statue à qui était préparé un repas. Les prêtres la lavaient, lui présentaient de l’encens, la parfumaient. Le soir, un rituel s’achevait par la remise de la statue dans son tabernacle. Ainsi, ces rites avaient pour objet de s’attirer les bonnes grâces de la divinité qui devait aider, en retour, Pharaon à maintenir l’ordre – la Maât – face au chaos.

Les temples bâtis en l’honneur des dieux répondaient aussi à cet objectif : pour s’attirer les faveurs des divinités, il fallait leur construire des résidences prestigieuses, dignes de leur rang. Les temples égyptiens avaient à peu près la même architecture : l’entrée était matérialisée par un portail constitué de deux immenses pylônes auxquels était accroché un mât – le même mât qui existait déjà au IVe millénaire et dont on a parlé plus haut. Ensuite, une cour pouvait accueillir le peuple égyptien. Mais ce dernier ne pouvait aller plus avant. Une salle hypostyle succédait à cette cour : elle était constituée de colonnes en forme de papyrus ou de lotus dont les boutons ou les fleurs étaient sur le point d’éclore. C’est plus loin encore que se trouvait le sanctuaire abritant la statue du dieu. Le temple le plus important était celui de Karnak, à Thèbes, dédié à Amon. Il était desservi par plus de quatre vingt mille personnes vers 1300 av. J.-C.

Mais, à part lors de grandes occasions, comme la fête d’Opet au cours de laquelle la statue du dieu Amon était promenée à Thèbes, l’immense majorité des Égyptiens ne pouvait approcher les dieux. Donc, si les Égyptiens ne pouvaient venir aux dieux, les dieux devaient venir aux Égyptiens. Des traces des croyances populaires ont été retrouvées. Ainsi, à une époque où la mortalité infantile était très élevée et où l’on pensait qu’une femme enceinte attirait les démons, les Égyptiens inventèrent des stratagèmes pour se protéger. Ainsi, on a retrouvé une « boîte à naissance » ornée de divinités à l’air redoutable. L’une de ces divinités était Touëris, figurée comme un hippopotame. Pendant l’accouchement, un magicien faisait du bruit afin d’écarter les démons. C’était une manière comme un autre de maintenir l’équilibre et de se protéger du Mal.

Les amulettes, portées autour du cou, étaient très répandues. En particulier une : l’œil oudjat, symbole de guérison et de plénitude. Cet objet figurait l’œil perdu d’Horus lors de son combat contre Seth. Des morceaux de papyrus sur lesquels étaient consignées des formules magiques destinées à éloigner le Mal étaient portées elles aussi autour du cou, enveloppées dans un tissu. Là encore, des moyens
sont trouvés pour maintenir la Maât, faire prévaloir l’ordre sur le chaos.

Surmonter la mort 

Les vestiges de la civilisation égyptienne, en particulier les pyramides et les momies, sont là pour en témoigner : la préoccupation des gens de l’époque pharaonique était de surmonter la mort, de passer dans l’au-delà. La mort n’était qu’un passage. D’ailleurs, le hiéroglyphe de la vie, le plus fréquent sur les inscriptions égyptiennes, représente une vertèbre de bovin. On pensait en effet à l’époque que la moelle produisait le sperme. Si les pyramides et les momies ont pu résisté au temps, c’est précisément parce que les Égyptiens croyaient en une vie éternelle après la mort.

Et cette vie dans l’au-delà, les hommes la préparaient – plus ou moins – au cours de leur séjour sur la terre. En effet, les Égyptiens croyaient qu’en chaque homme résidait un ka : il s’agissait d’un entrepôt des forces vitales que l’on alimentait au cours de sa vie. Ce « capital vie » était important car c’est grâce au ka que le défunt pouvait survivre après sa mort. Et c’est la raison pour laquelle était déposée de la nourriture dans les tombes : il fallait permettre au ka de pouvoir continuer à s’alimenter.

Quand Pharaon, ou tout autre personne d’ailleurs, décédait, il fallait conserver son corps : car si le corps tombait en poussière, le ba qui l’habitait, l’âme, était perdu à jamais. Représenté sous forme d’oiseau à tête d’homme, le ba montait au ciel pour rejoindre ceux des autres morts et des dieux.

C’est pourquoi les Égyptiens momifiaient les corps des défunts. Le rituel de l’embaumement était précis et était accompli par des prêtres. Celui qui présidait à l’embaumement portait un masque d’Anubis, le dieu des nécropoles et protecteur des morts, celui qui inventa la momification pour ressusciter Osiris. La première étape consistait à retirer les viscères, à l’exception du cœur, siège de la sagesse et de l’intelligence selon les anciens Égyptiens. Ils étaient ensuite placés dans des vases canopes. Le cerveau était retiré par les narines à l’aide d’un crochet. La boîte crânienne était comblée par de l’huile chaude qui, en refroidissant formait une croûte. Le corps était ensuite placé dans du natron, un conservateur naturel qui déshydrate les tissus. Au bout de quarante jours, le corps était retiré du natron et rempli de lin pour qu’il garde sa forme.

Alors, le corps était emmailloté dans plusieurs couches de lin. L’opération pouvait durer deux semaines et, entre les bandelettes, on insérait des amulettes, en particulier des scarabées, emblème de la régénération. Sur la momie de Toutankhamon furent retrouvées cent quarante trois amulettes en or.

La momie du roi défunt quittait la salle d’embaumement dans un sarcophage richement orné. Elle traversait le Nil sur une barque en direction de la tombe du pharaon. La famille du défunt, les serviteurs, les amis, des pleureuses professionnelles et des prêtres accompagnaient la momie. Lorsque la procession arrivait devant la tombe, un rite très important avait lieu : l’« ouverture de la bouche ». Le sarcophage anthropomorphe était mis debout devant l’entrée de la tombe. Un prêtre, muni d’une herminette, touchait le visage du sarcophage, représentant le défunt, aux sept ouvertures : la bouche, les narines, les yeux et les oreilles. De cette manière, revenu à la vie, le mort pouvait désormais manger, voir et entendre.

Enfin, le sarcophage était placé dans la tombe, ainsi que les vases canopes, le mobilier funéraire et les offrandes qui devaient accompagner Pharaon dans l’au-delà. Mais avant de rejoindre le champ des roseaux, le paradis, le défunt devait affronter de multiples obstacles. Ces obstacles sont connus par le fameux Livre des Morts, véritable passeport pour l’au-delà déposé près de la momie.

Ce Livre des Morts était un recueil de textes magiques destiné à assurer la survie du défunt dans l’au-delà. Il contenait des hymnes aux divinités, en particulier à Osiris et à Rê. Ces textes devaient protéger le défunt au cours de son périple vers le champ de roseau. Il s’agissait d’un itinéraire balisé lui permettant de déjouer les pièges qui se présentaient sous forme de monstres. Par exemple, une formule aidait le défunt à mémoriser son nom, car une âme sans nom était une âme perdue. Les enfers devaient être franchis d’est en ouest par des portes gardées par des monstres : il suffisait au mort de connaître le nom de ces créatures pour les neutraliser. Ainsi, parmi les obstacles à déjouer se trouvaient l’« Aboyeur » ou le « Suceur de sang » par exemple.

Mais il restait au défunt à affronter une dernière épreuve : celle que les égyptologues appellent la psychostasie, c’est-à-dire la pesée du cœur. Anubis conduisait le défunt au tribunal du royaume des morts, présidé par Osiris. Ce dernier était aussi responsable de la survie des cadavres enterrés : il était le dieu des morts, représenté momifié, coiffé d’une haute couronne et le visage et les mains, seules parties du corps non momifiées, de couleur verte, symbole d’éternité.

Puis, le cœur du défunt était pesé par Anubis grâce à une balance : sur le premier plateau, était posé le cœur ; sur le second, la plume de Justice et de Vérité de la déesse Maât. Si le cœur était plus lourd que la plume, un monstre le dévorait et le défunt ne pouvait pas accéder au paradis. Au contraire, s’il était plus léger que la plume, le défunt devenait un « juste ». C’est le dieu Thot qui inscrivait le résultat de la pesée. À l’issue de celle-ci, Horus présentait le mort à Osiris.

Ainsi, la mort n’était considérée que comme un passage, un obstacle à surmonter à l’aide, notamment, de ce Livre des Morts. Les anciens Égyptiens rêvaient d’immortalité.

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Aller plus loin :
DUNAND (F.) et ZIVIE-COCHE (C.), Dieux et hommes en Égypte, Paris, Armand Colin, 1991.
SAUNERON (S.), Les prêtres de l’ancienne Égypte, Paris, Perséa, 1988.
TRAUNECKER (C.), Les dieux de l’Égypte, Paris, PUF, « Que sais-je ? », 1992.

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