Géopolitique de la Palestine

Géopolitique de la PalestineLe 20 juillet 2005 doit avoir lieu l’évacuation des colonies juives de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie. Cet événement s’inscrit dans le cadre des accords d’Oslo de 1993. L’actualité nous incite à nous attarder sur la géopolitique de la Palestine en faisant un retour en arrière, depuis les accords d’Oslo jusqu’à ceux de Genève (2003).

Les accords d’Oslo de 1993 constituaient la tentative d’instaurer la paix entre Israéliens et Palestiniens. Ils devaient permettre l’instauration d’un régime d’autonomie pour ces derniers (1).

20 juillet 2005 : retrait israélien en vertu des accords d’Oslo

Grâce à ces accords, une Autorité palestinienne (AP) a vu le jour. L’AP devait gérer la vie des Palestiniens dans un certain nombre de domaines : santé, éducation, affaires sociales…

Le système d’autonomie, d’après les accords d’Oslo, devait être mis en place par des accords israélo-arabes entre 1994 et 1999. Deux de ces accords nous intéressent particulièrement. En ce qui concerne la bande de Gaza, l’AP devait contrôler 70 % du territoire en vertu d’un accord conclu le 4 mai 1994. Le contrôle total de la bande de Gaza par l’AP doit normalement être effectif après le retrait israélien du 20 juillet prochain.

L’autre accord qui nous intéresse fut signé le 28 septembre 1995 : les accords de Taba partageaient les territoires palestiniens de Cisjordanie en trois zones : la zone A, formée des huit grandes villes (Naplouse, Bethléem, Hébron, Ramallah..), soit 18,2 % du territoire, avait une autonomie complète ; la zone B, une zone rurale (21,8 % du territoire), ne connaissait qu’une autonomie partielle ; la zone C (60 %) était constituée de territoires entièrement administrés par Israël.

Une « clôture de séparation » entre Israël et la Cisjordanie .

Mais la carte d’Oslo telle que nous venons de la décrire a explosé. La multiplication des attentats-suicides dans les villes israéliennes a en effet poussé l’Etat hébreu à réoccuper militairement la Cisjordanie au printemps 2002. À partir de cette date, les pouvoirs de l’AP sont devenus très théoriques.

Surtout, une nouveauté est apparue sur le terrain : Israël a en effet entamé la construction d’une « clôture de séparation » entre la Cisjordanie et Israël. Cette séparation, qui doit s’étirer sur 650 kilomètres, se matérialise par des barbelés, des tranchées, des fils électriques et un mur de béton de huit mètres de hauteur dans les villes. Israël a justifié cette construction par la nécessité d’empêcher l’infiltration de terroristes.

Mais dans la réalité, le tracé de cette barrière ne suit pas exactement le tracé de la « ligne verte » fixée en 1949, et à terme, la clôture doit incorporer 10 % de la Cisjordanie de facto. La Cour de justice internationale a condamné en juillet 2004 l’édification de cette barrière mais un an après, les travaux se poursuivent toujours.

Le plan de Genève

En décembre 2003 ont été conclus les accords de Genève – ils ont été finalisés en Suisse. Ces accords sont le résultat de négociations secrètes entre Yossi Beilin, ancien ministre de la Justice israélien, et Yasser Abed Rabbo, ministre de l’Information de l’AP. Ce plan de paix était destiné à régler le conflit israélo-palestinien.

Le plan de Genève repose sur trois grands principes. Le premier est le retour aux frontières du 4 juin 1967 (la veille de la guerre des Six Jours) et la réinstallation des colons juifs en Israël. Le deuxième concerne Jérusalem, capitale de deux Etats : les quartier juifs du secteur oriental de Jérusalem doivent revenir à Israël tandis que les quartiers arabes passent sous souveraineté palestinienne. Le dernier principe concerne le « droit au retour » des réfugiés palestiniens.

En outre, le plan de Genève prévoit aussi une forte implication de la communauté internationale pour faire entrer en vigueur les accords et n’exclut pas l’intervention d’une force multinationale.

Aujourd’hui, même si les contours de la paix sont connus, il reste à faire émerger les conditions politiques de sa réalisation.

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Note
(1) Pour une meilleure compréhension, nous vous invitons à (re)lire notre article intitulé « Le problème palestinien ».

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La carte est extraite de Les Collections de l’histoire (« Israël-Palestine »), hors série n° 39, avril 2008, p. 78.

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